• Salut tout le monde. Même si y a pas grand monde qui lit mes machins. Enfin, vu le nombre de commentaires. Peut-être que je parle dans le vide. Ou que Kazeo m'informe pas des nouveaux commentaires. 

    Bref.

    J'ai abandonné la nouvelle n°2. Définitivement.

    J'ai fait la 4e. Et je me suis aperçu, y a pas 5 minutes que j'avais pas posté le début (shame on me!)...

    La voila.

     

     

     

     

    Reims

    Apocalypse + 4 ans

     

     

    Mardi 21 Avril, 21h35

    Lieu : l’intérieur d’un blindé.

     

     Le merdier a beau avoir commencé il y a plus de quatre ans, on trouve quand même des gens en ville, des gens qui ont voulu résister, survivre, parce qu’ils se pensaient prêts. Bullshit. On est pas prêt quand on a stocké des vivres pour deux ans dans sa cave, quand le coffre est plein de billets, quand on a des armes et des munitions en masse dans sa maison. On est jamais prêt pour ce genre de situation, jamais prêt pour la Fin.

     Ce soir, vers 19 heures, une jolie fille m’a donné deux cartouches de clopes si je l’escortais en dehors de la ville. Elle doit avoir 22, 23 ans. Claire, qu’elle s’appelle.

    Elle est venue vers moi quand j’explorais les restes de son abri, un vieux van rouillé ou elle serrait les restes de ses parents, cadavérés tous les deux. Ils avaient cru s’en sortir, ils leur restaient pas mal de matériel. J’ai pris ce dont j’avais besoin, et elle m’a demandé de l’amener en dehors de la ville.

    Comme à mon habitude, je n’ai pas répondu. Je lui ai simplement fait un geste pour lui dire de venir.

     

     

    J’ai beau être sale, tirer une gueule de six pieds de long tout le temps, et un air dangereux, et pourtant, les gens bien viennent vers moi. Certains me disent que je suis un grand homme, les autres m’appellent le Héros.

     

    Je suis pas un héros. Je fais ce que j’ai à faire. Et je fais ce dont je sais le mieux faire : survivre.

     

    Ça fait une heure qu’on est là. J’ai trouvé cette épave il y a quelques jours, encastrée dans un mur. Impossible de faire tourner le moteur, et le pilote a disparu, avec ses biens. Mais l’écoutille à verrou magnétique marche toujours, c’est donc un excellent abri.

    Je vais la laisser dormir encore deux heures, et on commencera à sortir. Les mutants sont cons, et voient moins bien dans le noir. Et comme nous serons discrets, les zombies ne nous entendront pas. Il faudra juste se méfier du décor, pas tomber dans un piège, et des autres humains. Cela fait quelques mois que les rations et les conserves des supermarchés sont épuisées. Au loin, on peut entendre des cris de douleur et d’angoisse. Les hommes ont commencé à s’entre-dévorer. Moi, je me démerde toujours pour trouver de quoi manger sans jamais toucher à la viande humaine. Dans les égouts, à l’abri de la plupart des créatures dangereuses, on peut encore trouver des rats, délicieux en barbecue.

     

     

    Mardi 21 Avril, 23h42

    Lieu : Boulevard de la Paix, à quelques mètres de l’hôpital St André.

     

    L’endroit est dangereux. L’hôpital est un des plus grands nids de zombie de la ville. Quand les zombies sont arrivés, ils ont commencé à mordre du monde. Les gens sont alors allés aux cliniques, hôpitaux, ou pharmacies, et sont mort là-bas. Et quand ils se sont réveillés, ils ont mordu, à leur tour, le personnel hospitalier. Aujourd’hui, plus de 1500 zombies et goules se baladent dans ces couloirs, et encore plus dans les sous-sols à proximité. C’est pourquoi on est discrets.

    La fille sait apparemment marcher là où il faut, c'est-à-dire dans mes pas. On est jamais à l’abri d’un EEI.

     

    Les lignes que vous lisez actuellement sont mes pensées. Elles sont retranscrites dans un document texte automatiquement. Et c’est pas parce que c’est la fin des temps qu’on peut pas être à la pointe de la technologie. J’ai piqué ça à l’armée quand j’ai déserté. Généralement, j’envoie le document sur un serveur de messagerie qu’un ami tient encore ouvert. Internet a presque disparu. Les réseaux sociaux sont morts, seuls les moteurs de recherche et quelques sites subsistent. Oui, ce sont hélas des sites pornographiques. Y a encore pas mal de geeks qui ont prévu la Fin du Monde, et qui se sont enfermé dans des bunkers avec de quoi survivre 30 ans, ordinateurs, électricité, et arsenal. Faut bien qu’y s’occupent, entre deux parties de jeux-vidéos ou se parler entre eux. J’ai pu prendre contact avec l’un de ces gosses quand tout a pété. Il s’occupe de gérer mes mémoires, et en échange, la caméra sur mes lunettes lui montre tout ce que je fais. C’est un arrangement comme un autre.

     

    Mais, restons concentrés. Un faux mouvement, un bruit, un son imprévu, c’est un zombie qui se retourne. S’il se retourne, c’est qu’il va venir vers nous, attirant ses copains.  En moins de 30 secondes, on peut avoir 40 zombies derrière nous. Donc on respire doucement, on regarde bien où on marche, et on se retient de péter.

    Si on atteint le rond-point, on est sortis d’affaire. On a 55 mètres à faire. Ça peut te sembler peu, mais vu d’ici, c’est compliqué. La rue est pleine de débris, voitures calcinées ou accidentées, parfois encore un zombie au volant qui n’a pas pu se détacher, bouts de verre partout, douilles, conserves vides, cadavres desséchés, bouts de métaux divers, éclats d’aciers… et même un obus planté dans le sol, au milieu d’un cratère.

    Deux voitures sont incendiées, ça nous fournit assez de lumière pour avancer. J’ai toujours mes lunettes de vision nocturne, mais la batterie est bientôt épuisée.  

    Discrètement, j’avance, regardant chaque voiture, marchand sur les débris les plus gros pour faire le moins de bruit possible. 

     

    Pour le moment, tout va bien, on a parcouru environ 30 mètres, sans faire de bruit important. La fille me demande alors si c’est encore loin. D’un geste, je lui fais signe de la fermer. ‘Manquerait plus qu’on se fasse repérer. Je lui montre le rond-point devant, là où quelques feus sont allumés, l’œuvre de mutants qui ont fini de bouffer.

    Bon. On continue, encore plus discrètement.

    On est presque sorti de ce couloir de la mort qu’un cri me colle presque une crise cardiaque.

    La petiote s’est fait choper par un zombie au volant d’une camionnette… Et elle continue de hurler. D’une main, j’attrape prends mon tomahawk, un coup sec dans le crâne pourrit, et mon autre main vient se coller sur sa bouche. Si avec ça les morts-vivants ne nous ont pas entendus, c’est un miracle.

     

     

     

    Je vois rien bouger derrière nous. On a apparemment eu beaucoup de bol, les chairs mortes devaient être occupées à poursuivre un rat.

    Et je sais que même à travers mes lunettes réfléchissantes, elle peut distinguer mon regard noir chargé de fureur. Dans ce monde, t’as PAS LE DROIT à l’erreur.

    Elle profère deux ou trois excuses, et pour la première fois depuis au moins quatre semaines, je l’ouvre.

    -          Ta gueule.

    Au vu de son regard, je pense qu’elle a compris, et qu’elle ne l’ouvrira plus avant qu’on se soit quitté. Je regarde le zombie qui l’a attrapé : c’est un gars qui s’est fait mordre, et qui est mort avant d’avoir pu se détacher. Il avait à peine assez de force pour lever son bras et attraper la fille, mais il n’en aurait jamais eu assez pour la bouffer. Je regarde dans ses poches, et dans la carcasse de voiture, apparemment, ce gars-là a été prévoyant : il a pris tout plein de provisions, munitions, couteaux, fringues, essence, matériel… et tout ce bazar a été pillé, et le pauvre gars a été laissé en vie, pour qu’il puisse continuer à regarder qu’il avait tout perdu. Enfin, en vie…
    Dans ses poches, je trouve quelques billets, un peu plus de 300€. Ça fait quelque chose comme $500, ou deux cartons de bière de bonne qualité. Ou encore trois caisses de munitions de 12.7 mm.

    La valeur de l’argent dépend de ta tête, et il vaut mieux faire peur pour avoir des rabais que d’être chétif et se faire enfler, au propre comme au figuré. Les gens chétifs survivent généralement pas. C’est pas parce que la fin du monde est arrivée que l’argent a disparu… Et c’est pas demain la veille qu’on se torchera le cul avec des biftons de 20 !

     

    Je sors mes jumelles, et je regarde devant nous. Apparemment, aucun signe de vie, pas de mouvement. Idem dans les bâtiments autour, pas de lumière, personne qui regarde, à première vue. Faut toujours se méfier, dans les ronds-points, y a souvent un gars avec un fusil à lunette pour t’allumer quand tu passes, pour pouvoir récupérer ton matériel. Je le sais parce que je l’ai fait. Je n’en suis pas fier, mais je n’avais pas le choix : j’étais poursuivi. Un mec m’avait vu piller « sa » cachette de nourriture, et il n’avait pas apprécié. Je me contente en général de peu, mais quand je vois des sablés, je ne peux pas résister. Je sais c’est con. J’ai dégagé, je l’ai attendu à un petit rond-point, et je l’ai descendu d’une balle dans la tête.  Et j’ai récolté tout ce qu’il avait.

    Donc, devant nous, personne. Pas de vie. Et pourtant, je sens qu’il va nous arriver quelque chose si on avance. Appelle ça un sixième sens, ou comme tu veux, y a un truc qui va arriver.

    La jeune fille derrière moi me tire la manche, et me demande, d’un signe des yeux, ce qu’on attend pour avancer. Ce qui arrive lui sert de réponse.

     

    Une moto. Le genre énorme et blindé, un monstre hybride, chenille à l’arrière et roue à l’avant, le tout piloté par un gars en armure de plates. Il n’a pas de heaume, juste un masque à gaz et un casque paramilitaire garni de clous. À côté de lui, un taré de la gâchette dans un side-car colossal, tirant avec deux M-60 jumelées sur une bande d’animaux mutants les poursuivants.

     

    Trois choses me viennent immédiatement à l’esprit : premièrement, on ne voit pas des trucs comme ça tous les jours. Deuxièmement, j’avais raison, il s’est passé quelque chose. Enfin, et surement le plus important, on peut traverser, mais en vitesse. Si les zombies n’ont pas entendu le cri de tout à l’heure, c’était un coup de bol hallucinant. Il aurait fallu une intervention divine pour qu’ils n’aient pas entendu le boucan du moteur et des sulfateuses.

    J’utilise quelques secondes mes lunettes de vision nocturne, et, évidemment, une troupe de viande morte se dirige vers nous. Note que maintenant on a une bonne raison de se dépêcher.

    Je prends la jeunette par la main, et je l’entraine vers la voie la plus proche, du côté Jean Jaurés. Durant la traversée ou on est quasiment à découvert, je prie pour qu’il n’y ait pas un tireur embusqué ou qu’il n’y ait pas de goules parmi les zombies.

     

     

     

    Mercredi 22 Avril, 0h18

    Lieu : avenue Jean Jaurès, sous les arcades

     

    Apparemment, les zombies ne nous ont pas suivis, ce qui est plutôt une bonne chose. Nous nous sommes réfugié sous des petites arcades, là ou un coiffeur était installé, il y a moins de 5 ans. Le magasin est toujours là, mais quelqu’un s’en est servi de place-forte : des barricades sont dressées dans la vitrine, et du sang séché macule le sol du magasin. On est entré sans peine, et nous avons réussi à fermer la herse d’acier, enfin nous avons allumé un feu dans l’arrière-boutique, qui comporte une cheminée. Il faudra que je retrouve des allume-feu, je commence à être à court.

     

     

    Voyant que j’ai déballé quelques victuailles, la jeunette se jette dessus et commence à me parler de sa famille, de ce qu’ils ont du faire pour s’en sortir, des gens qu’ils ont dû tuer, des malheurs qui leur sont tombé dessus… L’histoire de sa courte vie. Elle finit par s’endormir difficilement, il règne en ces lieux une odeur de miel moisi mélangé à du shampooing couvre les odeurs habituelles de sang et de poudre présentes sur la ville.

    Moi je profite de ce moment de calme et de moindre dangerosité pour sortir ma dynamo, afin de recharger mes lunettes de vision nocturne, et ma lampe frontale, ce qui me prend environ 20 minutes. Puis, comme chaque jour, je démonte mes armes et les nettoie parfaitement, pendant plus d’une heure. Cela peut paraître chiant à lire comme à faire, mais c’est indispensable pour avoir des armes qui fonctionnent et durent longtemps.

    Enfin, après toutes mes tâches obligatoires et une ration de survie accompagnée d’une tasse de whisky, je m’assois dans un siège et commence à m’endormir. Il faudra que je trouve une bouteille au marché noir, ma flasque est presque vide.

     

     

    Il reste encore deux bons kilomètres à parcourir pour sortir de la ville, soit une épreuve pour une jeune femme. Traverser ce quartier en pleine nuit diminue votre espérance de vie à celle d’un fondant au chocolat face à un rassemblement d’obèses au régime sans sucre. Il n’y a pas seulement des pillards, des morts-vivants, ou des mutants, il y a… autre chose. De la radioactivité, à certains endroits, assez puissante pour faire cuire la tête d’un bébé en 6 secondes. Des champs de mines bondissantes, les engins qu’on voit sauter et arriver au niveau du front, et où on a juste le temps de penser « merde ».

    La journée, c’est… à peine moins pire. Mais on voit où on avance, c’est déjà ça.

     

     

    Mercredi 22 Avril, 07h23

    Lieu : avenue Jean Jaurès, sous les arcades

     

     

     

    Lorsque je me réveille, le soleil commence à se lever. Il fait encore frais, et il n’y a pas de nuages dans le ciel. À cette heure-ci, la plupart des mutants dorment encore, les pillards cuvent encore, et les chasseurs nocturnes vont se coucher. Je ne sais pas si les zombies dorment. Il faudra que j’étudie la question.

     

    Je réveille la jeune femme en la secouant légèrement, et en lui montrant la lumière du jour.

    -          On va y aller. Sois prête.

     

    Oui, je sais, je lui ai parlé. Hé, j’ai plus l’habitude d’être avec des filles depuis quelques années. Ça m’attendrit un peu…

     

    Discrètement, on ouvre la grille d’acier protectrice, pour se glisser à l’extérieur. Une matinée silencieuse, c’est devenu rare, de nos jours. On n’entend pas d’explosions au loin, pas de cris, pas de bruits de rafales…

    C’est pas une raison pour se relâcher et y aller les mains dans les poches.

    Alors on continue la route, toujours sur les trottoirs, en restant derrière les épaves, jetant des regards à droite, à gauche, en haut et en bas, de jour comme de nuit, la menace peut venir de partout. Autant être prudent.

     

    On continue d’avancer, dans un paysage apocalyptique, jamais monotone. Des cadavres pourrissants qui trainent sur le sol, à droite à gauche, des habitations détruites, des douilles qui trainent sur le sol… À propos des douilles, certains mecs les récupèrent. Pour les fondre, et fabriquer des nouvelles balles. Ils appellent ça des balles recyclées, ça a une petite chance de te péter à la tronche quand ça part, mais c’est utile. On peut en trouver dans les égouts, là où on trouve encore un peu la paix. Après avoir éliminé les rats et les zombies, bien sûr. Rappelez-vous : aucun endroit n’est totalement sûr. Juste moins dangereux.

     

    On continue notre avancée sans rencontrer le moindre problème, jusqu’à rencontrer un truc bizarre : deux ou trois explosions qui se répètent en restant figées, comme si on avait appuyé sur pause/avance-rapide/retour. Ne me demandez pas comment un truc pareil est possible, je n’en sais rien. Probablement un problème spatio-temporel, la fin du monde a surement déglingué le temps aussi, allez savoir. C’est sur un rayon de 25 mètres, à peu prés. Y a quelques zombies qui sont pris dans ce champ, et eux aussi sont coupés de la réalité, dirons-nous. On contourne cette zone en coupant par ce qui semblait être un parc pour enfants, transformé il y a quelques mois en zone de largage fortifiée. Les fortifications ont été éventrées, nous pouvons passer par là. Rien à récupérer par ici, mais au moins ont peut passer. En sortant de la zone de largage, on voit un bidasse pris dans le rayon d’effet de la… « Zone avance/retour ». Mouais. Je trouverai un meilleur nom plus tard. Ce gars n’a vraiment pas eu de bol, il s’est retrouvé piégé sous un débris, une bouteille de gaz explosant à côté de sa tête. Il doit revivre sa mort depuis un bout de temps sans le savoir.

    Il n’y a aucun bruit de déflagration ou d’explosion, pas de cri, même pas de chaleur ou d’odeur de brulé, tout cela s’est déjà passé avant. Oui je sais c’est bizarre. Impossible de préciser le lieu où se situe cette zone-là, le quartier est tellement déglingué… Je dirai qu’on est à côté d’un cimetière.

    Je jette un fragment de béton qui traine sur le sol vers cette zone, pour voir ce qu’il va se passer.

    La roche reste en suspens dans l’air pendant quelques secondes, et revient vers moi. Il faut croire que nous sommes devant un genre de cassette vidéo, pour faire simple : on peut uniquement regarder, mais on ne peut pas interférer avec ce qui est écrit. Ou filmé, dans le cas présent. Ou le cas passé, à toi de l’interpréter.

     

     

    Un coup de tonnerre nous sort de notre fascination de cette zone aussi étrange qu’anormale.

    Immédiatement je lève les yeux en l’air : le ciel s’assombrit par l’ouest. C’est  un orage matinal, et c’est une très bonne chose. Le bruit du tonnerre fait peur aux mutants, et en général à toute créature… Les orages inspirent la crainte parce qu’on ne sait jamais ce qui va tomber… De la pluie innocente, qui mouille et décompose plus rapidement les zombies ? De l’acide ? Des retombées radioactives ? Des carcasses d’avions et de mutants piégés dans les cumulo-nimbus ? Ou même des météorites… Pas le genre de roches énormes, non… Plutôt des météorites fines qui percent les blindages comme du beurre… 3cm de diamètre, et aussi meurtrier qu’un missile Hellfire…

    Nous continuons à avancer, plus prudents. Il faut désormais se méfier de la météo en plus des débris et des engins explosifs dissimulés un peu partout.

    La route que nous empruntons commence à être saturée de voitures abandonnées. Au début de la Fin, les gens ont voulu fuir la ville pour se réfugier dans les campagnes, ou dans les camps militaires, et ils ont pris les axes majeurs. Quand les zombies ont débarqué sur la route, les gens ont abandonné leurs voitures pour fuir plutôt que de finir en steak.

    Les gouttes commencent à tomber. C’est une petite pluie fine, accompagnée d’un froid qui vous transit jusqu’aux os. Je sors mon compteur Geiger, pour mesurer le niveau de radiations présentes dans l’eau. En voyant mon appareil, la jeunette commence à paniquer. D’un geste de la main, je lui montre que le niveau de radioactivité n’est pas très élevé. Nous ferions mieux de nous abriter, mais je ne vois rien qui pourrait servir de toit. Et les voitures sont soit trop abimées, soit trouées d’impacts de balles et d’acide. Et pas question de passer par les égouts, on ne sait jamais ce qu’on peut y trouver… Je fais la seule chose faisable sur le moment : je sors mon imper et invite ma compagnonne d’infortune à se serrer contre moi.

     

     

     

    Mercredi 22 Avril, 08h02

    Lieu : avenue Jean Jaurès, à 50 mètres du Pont de Witry

     

    Nous entrons dans l’ancienne banlieue, du côté de l’ancien Pont de Witry, qui a résisté aux bombardements et aux missiles. Ce pont enjambe un des axes de chemin de fer encore actifs de la région. C’est grâce aux trains que les gouvernements envoient toujours des munitions, vivres, matériel et médicaments aux survivants. Et apparemment, les mutants l’ont compris : ils n’attaquent pas les trains lourdement chargés et bien escortés. Ces abominations savent que nous combattons mieux avec des armes chargés et des ventres pleins. Ou alors ils n’aiment pas les snipers d’élite sur les convois… sans compter la vitesse du train, et la solidité des wagons… ça doit être ça.

     

    La pluie a doublé d’intensité, le ciel est maintenant redevenu sombre. La température est aussi plus glaciale. Des flocons se mélangent aux gouttes, ce qui devient plus problématique.

    La neige étouffe les bruits, retient la radioactivité au sol et surtout, glisse. Oui, je ne t’apprends rien, mais un maintien est toujours nécessaire quand tu voyage en ville.

    Arrivés à bonne distance, je m’arrête, et sors mes jumelles. Le pont a l’air tranquille, personne n’est dessus. Les barricades semblent abandonnées, et aucune mitrailleuse à poste fixe n’est visible. Je bascule en mode thermique, et aucune source de chaleur n’est visible non plus. Tout est bleu, voir blanc, ici et là, où des plaques de neige commencent à se former.

    Tout à l’air à peu près calme... Faut quand même se méfier, les ponts ont tous été minés pour éviter que la population des campagnes vienne en ville, là où le danger est le plus grand mais ou les réserves de nourritures et de munitions sont plus importantes. Certains types ont été assez intelligents – ou idiots ! – pour installer des péages sur les ponts et en faire de véritables forteresses.

     

    On se décide à y aller. On commence à accélérer un peu le rythme, normalement y a plus personne aux frontières de la ville. Tout a été pillé, volé, tué. Seules les carcasses de voitures sont encore là. Elles ont été empilées à certains endroits, pour faire des murs ou des barricades. Les seuls bâtiments qui sont encore debout abritent des dizaines de zombies enfermés, dont les gémissements portent sur des kilomètres, la nuit, dans les moments de calme… Le reste a été rasé par les bombes, ou détruit par les mutants et les hommes. À notre droite, ce qui était autrefois un groupe d’HLM à côté d’une caserne de pompiers n’est plus qu’un champ de pierres et des débris de véhicules.

    Je jette quand même un coup d’œil en arrière : personne ne nous suit. Ce serait con de se faire dessouder à la fin de l’aventure.

    On commence à s’approcher du pont quand je stoppe brutalement la progression, et la jeune femme me rentre dedans. Droit devant nous commence le champ de mines. Des anti personnelles, des bouncing betty, des claymores, des mines magnétiques pour les chars, et même des simples fils reliés à des charges de C-4… Si on se démerde bien, on peut traverser le pont en un seul morceau.

    Le moyen qui me parait le moins dangereux est pour moi de traverser sur les arches. C’est glissant à cause de la neige, on peut faire une chute mortelle sur le pont ou sur les rails, 30 mètres plus bas, mais c’est mieux que de parcourir un viaduc explosif… Ou pas. Tu me diras quel est ton point de vue quand tu auras fait ça. Pour le moment j’ai pas le temps de me lancer dans un grand débat pour savoir quel chemin prendre.

    Quand je commence à escalader l’arche à moitié enneigée, la petiote me lance un « Pas question. C’est mort, on va tomber. »

    Je m’arrête, me retourne et la regarde. Puis je commence à marcher en faisant attention où je mets les pieds sur l’arche. Au bougonnement que j’entends, je déduis qu’elle me suit.

    En temps normal, s’exposer à découvert, en hauteur, sur un chemin pas totalement stable, à moitié couvert de neige radioactive, c’est quasiment du suicide. Mais aux abords de la ville, on a peu de chance de se faire allumer. Par ailleurs, la neige et le ciel remplit d’éclairs empêche les mutants de sortir. Seuls les zombies sont de sortie, mais, comme je l’ai déjà précisé, les zombies ne réfléchissent pas.

    J’avance pas à pas, en tâtant de ma baïonnette le sol devant moi, écartant la neige. L’arche fait environ 1.20 mètres de large, arrondie, sur un peu plus de 30 mètres de long. Les premiers mètres sont assez difficiles à parcourir, à certains endroits la neige s’est transformée en givre. Avec mes rangers cloutés j’arrive sans trop de problème à avancer, mais je dois tenir la main de la jeune femme qui m’accompagne. Elle rechigne un peu, me disant qu’elle peut traverser sans mon aide, mais après qu’elle ait glissé et se soit rattrapé in extremis à mon bras tendu, elle me tient fermement. Même à travers mes gants ignifugés je peux sentir son pouls. La dernière fois qu’une femme m’a tenu la main aussi fort…

     

    Non.

    Je ne dois pas me souvenir. L’attachement fait rêver, et le passé fait oublier le présent. Dangereux, ça. Surtout quand on est à 28 mètres au-dessus du sol. Se concentrer sur l’action présente, voilà l’important.

    Pour le moment, le présent, c’est la merde.

     

    Nous arrivons à la moitié. Je m’arrête, pour contempler les ruines de la banlieue. Plus personne n’habite par ici. Tout a été détruit au début de la Fin pour déloger les mutants qui avaient pris la ville d’assaut. Même les zombies ont disparus, alors qu’il y en a toujours quelques-uns qui errent un peu partout, quel que soit l’endroit, champ de mines ou de ruines.

     

    La descente sera plus difficile que la montée. Le versant nord du pont est contre le vent, et il est déjà couvert de neige et de plaques de glaces éparses.

    Je n’ai pas le choix, je choisis la sécurité à la discrétion : je verse le contenu de ma gourde secondaire sur le chemin. Ce n’est pas de l’antigel, mais de l’essence. Et ça crame vite. Je sors mon zippo, et allume le chemin. La neige et la glace fondent à vue d’œil. 

    Un peu moins de 2 minutes après, nous pouvons continuer et descendons le pont rapidement. Encore quelque dizaines de mètres et j’aurai terminé ma mission et je pourrai revenir vers la ville. La gamine sera libérée, elle pourra s’en aller de ce chaos perpétuel. Aux alentours de la ville, plusieurs ONG écologiques ont pu s’organiser pour accueillir les civils, les réfugiés, les blessés, ceux qui n’ont plus rien, ceux qui ne peuvent plus se battre. Ou même ceux qui ne veulent plus se battre. On trouve toujours des déserteurs dans ces camps. C’est facile de déserter, les gradés se foutent que leurs bidasses se fasse la malle. En revanche, sortir de la zone des combats indemne, c’est une autre histoire. Finalement, c’est pas pour empêcher les mutants de rentrer qu’on a miné les accès à la ville… Et c’est surement pour ça que le taux de désertion reste inférieur à 2% ces quatre dernières années…

     

     

     

    Mercredi 22 Avril, 09h09

    Lieu : Zone minée, anciennement appelée Witry

     

    Nous avançons sur un champ de débris. Des morceaux de maisons, de voitures, des bouts de taules, tiges d’acier tordues, fragments d’obus, douilles, armes cassées, lames brisées, caisses éventrées, os et crânes, carcasses pliées, même à une douzaine de mètres de nous, un B-17 crashé. Comment un avion vieux de plus d’un demi-siècle a pu se retrouver là ?

     

    Ces champs de débris sont des mines d’or géantes à ciel ouvert pour tous les pillards et récupérateurs. Faut échapper aux yeux perçants des mutants volants, aux zombies, aux explosifs et aux bandes de profanateurs, au temps pourrit qui te tombe sur la gueule, aux volcans qui poussent sans prévenir… C’est à peine plus tranquille qu’en ville.

     

    Un panneau, là-bas. À peine à 10 mètres. Enfin, un panneau : une tige de métal sur laquelle est soudée une plaque de taule. On peut lire « SAFE ZONE – ZONE DÉMINÉE ». Pas trop tôt. La jeunette n’en peut plus. La nuit ne l’a pas beaucoup reposée, et notre marche forcée l’a mise sur les rotules.

     

    Un dernier effort, elle regarde de ses yeux fatigués le panneau que je lui montre. Elle lève la tête, et l’aperçoit. Un sourire se dessine sur son visage sale. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu l’espoir sur une jolie fille. Et en plus il s’est arrêté de neiger.

    Un pas après l’autre, inspectant toujours avec précision le sol pour éviter les engins explosifs, nous rejoignons la pancarte. Un petit tableau est posé à côté, avec une craie et un message : « nombre de persone arrivé en 1 seule morsot : ///// /// » suivit de quelques dates, la dernière remontant à un mois.  Apparemment, le coin est fréquenté. Ça veut dire que la jeunette devra faire gaffe en poursuivant.

     

    Elle est épuisée. Lessivée. Mais heureuse. Elle cherche dans son sac une troisième cartouche de cigarettes qu’elle m’envoie. Une prime, sans doute. Elle me dit qu’elle ne fume pas, et qu’elle n’en aura plus besoin.

    Elle s’avance vers la liberté.

    Un déclic.

    J’ai la chance de reconnaitre ce genre de déclic et de me jeter immédiatement face contre terre, les mains sur la tête.

    Une explosion.

    Les oreilles qui sifflent.

    Un hurlement.

    Une bouncing-Betty…

     

     

     

    Je me relève, et vais immédiatement voir la jeunette, pardon, Claire.  

    Elle a la moitié du crâne arraché, et le torse déchiqueté. Ses yeux verts sont tournés vers le ciel.

    Je repose le cadavre, et je retourne en ville. Marre. Et en plus je remarque un morceau de shrapnell dans la cuisse. Mon froc indestructible est troué.

    La journée avait pourtant bien commencé.

     

                                                                                       -actions de AMcK, dit Le Guetteur.

     

     

     

     


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  • Suite et fin de cette 3e nouvelle sur Apocalypse.

     

     

     

    34 minutes

     

     

    Arrête de me faire ces yeux de chien battu ! Okay, okay, c’est bon.

    Le semi avait la CB, j’ai pu contacter l’avant-poste le plus proche, ils sont venus me chercher en hélico. Fin de l’histoire.

     

    Non, je peux pas développer ! J’pilote, là, t’as pas remarqué ?

     

    Par contre, j’peux te parler de moi. Oui, je suis une fille. Bravo. Ma vie se résume à trois mots : « Pas de bol ». Je suis né il y a une trentaine d’années dans l’Oklahoma, dans un village paumé ou ma vie était toute tracée : devenir la femme d’un demeuré de redneck, lui faire des gosses et enfler pour atteindre 160kg.

     Mon cul. J’ai fugué à 14 ans, j’ai zoné pendant 4 ans, et je me suis engagée dans l’armée à… ?

    18 ans. Bon, tu suis, c’est bien.   

     

    Là-bas j’ai appris à me battre, à tirer, à me faire tirer, à baiser les autres, et à avoir des couilles. J’ai aussi appris la patience, à force de dire des conneries et de passer des mois au trou, mais c’est une autre histoire.

     

    C’est là aussi que j’ai eu mes tatouages.

     

    yhukykuykuryuk

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    «I don’t love me »

     

     

    Le premier, c’est sensé me représenter. Quand tu rentres dans l’armée, tu dois admettre que tu vas mourir dans un avenir proche, et la plupart du temps de manière affreuse. Et pour le casque, j’adore le rock’n roll. J’en suis resté aux années 70, et le reste me fait chier.

    Pas super original comme tatouage, je sais, mais quand t’es face à un tatoueur qui sait pas dessiner autre chose que des crânes, tu fais pas ton difficile.

    Ça, des débiles de ce genre, y en avait des tas à l’armée. Y en a toujours.

    Je sais plus qui, Patton, ou un magicien sur un cheval, je crois, qui a dit : « La seule chance qu’on ait de gagner la guerre, c’est qu’en face ils soient aussi cons qu’ici. ». Ce qui résume bien la situation…

     

    Mon deuxième tatouage ne demande pas plus d’explications.

     

     

    30 minutes.

     

     

    Encore une demi-heure de trajet. J’me plains pas. J’suis mieux dans les airs qu’à pied, comme la piétaille.  Mais bon, cet avion est lourd, et méchamment poussif. J’préfère, et de loin, piloter un hélico. Canarder une bande de zombies avec des missiles au napalm, c’est vraiment marrant. J’ai essayé une fois sur une bande de pillards qui venait d’attaquer un convoi de civils. Ça a donné des effets rouges avec les flammes vertes, c’est très joli la nuit.

     

    Tiens ! Quand on parle du loup. Regardes en bas : une bande de motards. Tu vas m’dire, ouais, c’est cliché, dans tous les films de post-apo, les pillards sont en moto, avec des blousons de cuir, et ils sont méchants… Bah ouais, mais en même temps, ils sont pas cons ! Ils prennent ce qu’ils trouvent, et de préférence, le plus rapide et le plus maniable, pour des attaques rapides, les motos ! Et les quads.

    Regardes moi ces cons. J’parie qu’ils nous suivent juste pour voir si on va pas se crasher, histoire de piller l’avion. Et on dirait que… Attends, qu’est-ce qu’il fout, l’autre, sur son quad ? Me dis pas qu’il a un Stinger ? PU-TAIN-DE-MER-

     

     

    27 minutes.

     

     

    Putain, les enculés. Les salopards de bouffeurs de merde.

    -          Mac ! Tu t’mets au canon de 105, et tu bombarde la ligne de poussière à l’ouest ! Balance leur 5 ou 6 obus dans la tronche à ces connards !

    -          On y va.

    -          Et emmène le journaleux avec toi, besoin de chanter pour pas lui en coller une. Ça m’emmerde, même ces connards nous en veulent !

     

     

    Venez, on va à l’arrière.

    Moi c’est Mac. Le lieutenant vous a parlé de moi ? Juste ce qu’il faut, j’imagine. Elle est mignonne, mais sacrément balèze.

    ‘Tendez. Faut juste que j’aligne ces messieurs, et…

     

    Voilà, c’est bon. Quelques kilos de plomb chargé au nitronium dans la face, ça fait toujours mal.

     

     

    -          OUAIIIIIS ! Dans vos gueules, enfoirés de mes deux ! Mac, t’es génial, j’t’adore, enflure !

     

     

    Apparemment, ça lui a plu. Je vous disais, cette fille-là est sacrément douée. Vous avez vu ça ? Elle est partie en vrille avec cet engin archaïque, pour éviter un missile qui nous aurait à coup sûr détruit.

    Lui dites pas que j’ai dit qu’elle est mignonne, elle pourrait me couper la bite si elle savait ça.

     

    Vous voyez tout ce matos, là ? ‘Pouvez jeter un œil, y a de tout. Des barres de vitamines, de la bouffe lyophilisée, du chocolat, des munitions de tout calibre, des flingues en masse, fusils mitrailleurs, mitraillettes, pistolets, lance-grenades, lance-missiles, machettes, épées, sabres, baïonnettes, nécessaire de survie, capotes, médicaments, aspirine, pansements, bandages, cirage, fringues, outils, pièces de moteur ou de tanks, fer à souder, chalumeaux, boites à outils, matériel de cuisine, pelles, pioches, parapluies anti-acide, crèmes solaires, livres, baladeurs MP3, dvds, bouteilles d’eau, cola, fruits, bière… Surtout de la bière. Et du PQ. Dans les villes, l’argent n’a presque plus de valeur, les civils commencent à utiliser le troc, et la bière commence à se faire rare. Ça peut paraître énorme, tout ce qu’on parachute, mais on est encore qu’au début de cette fin du monde. Ça fait pas 6 mois que ça a commencé, on balance donc pas mal de trucs aux civils et à nos gars pour qu’ils se démerdent. On pourra pas envoyer de renforts durant 107 ans non plus.

    Moi, j’suis copilote. Mais je resterai sur Reims une fois qu’on aura atterri. De toute façon, on a pas assez de carburant pour revenir, et on sera surement abattus dès qu’on arrivera au cœur de la ville.

    C’est pour ça, j’ai fait mes réserves : un parachute, un sac rempli de tout ce qu’il me faut pour survivre, un FAL – un fusil au coup par coup – avec une option fusil à pompe, un Desert Eagle, mon casque et mon couteau. J’ai besoin de rien d’autre. Tu sais, l’apocalypse, la fin de temps, j’y suis préparé depuis assez longtemps. J’ai servi dans les Bérets Verts, dans le Special Air Service, j’ai appris pas mal de trucs.

    Ouais, je sais si les gradés savaient ça, j’aurai surement 2 mois de trou, mais je pense pas que je les reverrai donc… Je me sers. Allez-y, vous gênez pas, prenez-vous quelque chose ! ça sera moins lourd pour le gars qui se prendra la caisse sur la gueule !

     

     

    23 minutes

     

     

    Bon, allez la rejoindre. Elle doit être calmée, là. Avec un peu de chance.

     

    Un dernier truc : si on est vraiment dans la merde en atterrissant, j’vous couvrirai pour vous trouver un passage hors de la ville. On a ici un beau quad qui demande qu’à être conduit !

     

     

    21 minutes

     

    Tiens, te revoilà, toi. Bon. Je t’ai pas mal parlé de moi, à ton tour. Je sais que t’es journaliste de guerre, que tu couvres les combats, pour rapporter les nouvelles aux civils, avec des photos de macchabés et de matos défoncé, mais ton nom, ton histoire, je veux te connaître un peu. Et puis, faut que je discute, et pas avec Mac. Ce grand con est mignon, mais va pas lui répéter, il se foutrai de ma gueule.

    Donc toi, c’est quoi ton histoire ?

     

     

    Libre au lecteur de s’inventer une vie, dans ce monde apocalyptique, tel qu’il/elle se voit d’ici 10 jours, 10 an ou 20 ans. Et de me l’envoyer, en quelques lignes, ça pourra donner un personnage dans une de mes futures nouvelles.

    Notez que ce n’est pas du tout une manœuvre de l’auteur  pour rajouter des lignes, avoir de nouvelles idées ou autres. Pas entièrement en tout cas.

     

    Ah ouais. Quand même. C’est pas banal.

     

     

    15 minutes

     

     

    Écoutes, je serai toi, je m’accrocherai. On va entrer dans la périphérie de la ville. Y a toujours des cons qui descendent tout ce qui bouge, donc on va très probablement se faire canarder.  Donc je vais très très probablement faire tout en tas d’acrobaties aériennes normalement impossibles à faire avec cet engin.

    Tiens, qu’est-ce que j’disais ?

    On arrive du coté de Sainte-Menehould. Ici y a une base militaire, normalement, j’fais que suivre les indications.

    Voilà, ça y est, ça commence, t’entends ça ? On dirait des grêlons. C’est du calibre 50 sur le ventre blindé de la carlingue. Les mécanos ont bien fait leur boulot, on dirait. Va vite falloir se barrer.

    Ouais, je sais, pourquoi des humains – militaires en plus ! - tireraient sur des autres humains ? C’est peut-être pas des humains qui nous tirent dessus. Certains mutants ont apparemment assez d’intelligence pour utiliser des armes, et ils s’en privent pas, ils nous tirent dessus avec nos propres guns. Les  enfoirés. Ils nous shootent avec leurs armes, des machins bizarres qui ressemblent à des animaux mutants. Ça t’envoie des balles qui te bouffent un bras, t’es obligé de couper pour pas que bouffe autre chose. Une fois j’ai vu un mec se prendre ça dans les couilles.  

    J’te conseille de t’accrocher, je pars en vrille. Et si, c’est possible avec un engin comme celui-là. Et tu gerbes pas dans mon avion sinon j’te largue avec le paquetage !

     

     

    12 minutes

     

    Bon, d’ici dix minutes, on envoie la purée. L’autre tête de cake doit se préparer, il rêve de descendre pour aller au contact. L’ennemi, y a que ça qui le fait tripper, pouvoir vider ses chargeurs sur du mutant. Remarque, moi aussi, mais uniquement avec mes belles sulfateuses calibre 50 que j’ai sur les ailes… Le combat rapproché, c’est pas mon truc. J’ai eu la formation de combat, au couteau, à l’arme de poing et au fusil, mais mon truc reste le sulfatage de masse, chose qu’on fait rarement avec un simple USP45.

    Ou alors, tirer de loin, j’aime bien aussi. Attention, de loin, je parle de 400 à 600 mètres, pour que ta cible entende la détonation avant que sa tête explose. Si on se fait pourrir en arrivant –ce qui ne m’étonnera guère- on sautera en parachute. Et j’ai toujours mon Dragunov sur moi.

    Juste histoire de faire quelques cartons.

    Il y a quelques années, pendant le conflit en Afghanistan, j’ai pu faire sauter quelques têtes. Y doit même rester quelques vidéos de moi sur le web. Tu sais bien, les bidasses ont souvent une mini caméra sur le casque, qui filme ce qu’on fait. J’ai pu récupérer les bandes et les mettre sur internet, ça a fait marrer les gars de ma compagnie, mais les gradés ont moyen apprécié… 8 jours de trou pour chaque mec troué sur la vidéo. Un total supérieur à 4 ans de taule. Marrant non ? J’y ai jamais foutu les pieds, j’étais un des meilleurs sniper du bataillon. Ces cons me faisaient chier, mais ils ne pouvaient pas se passer de moi.

     

    Oui, ça me fait rigoler. C’était la guerre, et les gars qui sont venu vers moi et mon équipe savaient qu’ils allaient mourir. Quand tu t’engages, faut admettre que tu es déjà mort. Foncer, pas réfléchir, agir, laisser ton corps parler à la place de ton crâne.

     

    6 minutes

     

    On arrive en vue du point de largage… va falloir faire vite, pas envie de m’éterniser ici.

    On va essayer de passer vite fait pour lâcher les-PUTAIN C’EST QUOI CE TRUC ?

     

    -          Je sais pas, on dirait un mutant plus gros que les autres…

     

    Un peu, qu’il est plus gros que les autres, Mac… On va s’le faire, il vire de bord. À la tourelle dorsale, tu vas lui chatouiller un peu le gras. Journaleux, va décrocher les paquets, t’as juste à appuyer sur les boutons rouges dessus.

     

    Putain, ce bestiau fait au moins vingt mètres de long… Tiens, goutes mon plomb, saloperie !

    Tiens, regardes moi ce machin, on pourrait faire atterrir un jumbo jet sur ce machin !

     

    Mac, laisse tomber, on lui fait rien, il a l’air d’être blindé… shoote plutôt les petits qui l’accompagnent, ces saloperies bouffent la coque. Et continue de t’accrocher, je vais grimper pour le perdre dans les nuages et redescendre pour le largage.

    -          C’est pas un peu dangereux, avec une antiquité pareille ?

    Ta gueule, c’est moi qui pilote cette beauté… Allez,

    RUUUUUN, LIIIIVE TOOO FLYYYYY,

    FLYYYY TOO LIIIIIVE

    DOOOO OR DIIIIIIE !!

     

    Allez, monte, monte, plus vite…

    Plus vite, tas de boue, l’autre enfoiré nous rattrape ! Allez saloperie, ou t’es bonne pour la casse, bouges ton cul rouillé, tas de tôles !!

    -          Je croyais que c’était une beauté…

    Mac, ta gueule !

     

     

     

    1 minute

     

     

    -          Dis voir, jolie rousse, je crois qu’on est assez haut, là,  non ?

    Ouais. C’est assez. On lâche tout. Va te préparer à sauter. C’est l’dernier vol du Memphis Belle, faut fêter ça !

    On inverse la poussée, on remet les gaz, et on fonce sur la zone de largage ! Un direct hit !

     

     

     

     

     

     

    « Après ça, l’avion a filé tout droit, c’était beau. Moi j’ai pu sauter en parachute avec le copilote, Mac.  La pilote apparemment complètement timbrée était toujours aux commandes de l’appareil, on voyait bien qu’elle partait en vrille en larguant ses paquets cadeaux, comme un père Noël bourré. L’avion est finalement parti en flammes, les moteurs bouffés par les gargouilles. J’ai cru apercevoir un parachute s’échapper du cockpit avant que l’avion percute une des tours de la cathédrale et finisse sa course derrière la gare, au milieu d’un champ de bataille.  Après ça, Mac m’a trouvé un véhicule en état de marche et m’a conduit hors de la ville. Il m’a lancé une radio et une arme de poing, et m’a simplement souhaité bonne chance, avant de repartir vers la ville, le sourire aux lèvres. Comme s’il était content que tout ça arrive, on aurait dit qu’il avait attendu toute sa vie que tout ce bazar arrive.

    J’ai roulé pendant trois bonnes heures, avant de trouver un poste avancé, c’est là que vous m’avez trouvé. » 

     

    Enregistrement et témoignage de [CENSURÉ] sur le Lieutenant C. Monroe et sur le 2eme classe Mac K.


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  • Bon. La nouvelle précédente était pas tip top, j'arrive pas à la continuer. On va dire que c'est un essai raté. Mais je ferai revenir les baston entre Anarcommunsites et le VIIIeme Reich, z'inquietez pas.

    Là, c'est la 3eme nouvelle.

     

     

     

    40 000 pieds au-dessus de la France,

    Apocalypse + 145 jours

     

    « Nous survolons des villes
    Autoroutes en friche
    Diagonales perdues
    Et des droites au hasard
    Des femmes sans visage
    À l'atterrissage
    Soyons désinvoltes
    N'ayons l'air de rien »

    -          Noir Désir, Tostaky

     

    C’est ce qui passe à la radio, en ce moment. Le rock français, c’est vraiment bon. J’ai beau être une américaine pure et dure, j’prends vraiment mon pied que sur du rock français ou du punk anglais. Et cette chanson résume bien la situation. C’est la merde dans le monde, et on survole bien des autoroutes en friches.

     

    Hé oui les amis, c’est vraiment la fin du monde.

     

     

    Un bombardier. Un gros, B-17 Forteresse Volante. L’genre de machin volant à 4 moteurs à hélices de la guerre de 40.

    Un putain de bombardier lourd. Ces connards de gradés m’ont trouvé que ça. Bande d’enfoirés, que je gueule à la radio, éteinte.

    Mon copilote arrive dans la cabine, qui doit faire 3 mètres de large sur 2 mètres de long. Apparemment, il m’a entendu.

     

    -          Nerveuse ?

    -          Merde.

    -          On arrive sur zone d’ici 57 minutes. Les mutants sont nombreux là-bas.  T’es sûre que tu veux pas aller dormir un peu ?

    -          Merde.

    -          Bon, comme tu veux. Moi, je vais pioncer.

    -          Va mourir.

     

    Il commence à s’habituer à mon langage, disons, fleuri. Ça fait pas loin de 2 semaines qu’on l’a collé à moi, en tant que partenaire de vol, ou copilote, si tu préfères. Mon précédent copilote, il s’est collé une balle dans la tempe y a une vingtaine de jours. Il a pas supporté quand on lui a dit que sa famille avait pas survécu. En même temps, faut être con pour penser que prier vous sauvera d’une bombe thermo-barrique.

     

    Un jeune écossais, avec un beau cul. Mac, qu’il s’appelle. Le précédent avait aussi un beau cul, mais il était suisse. Jamais pu blairer les suisses. Lents.

    Mais j’ai autre chose en tête pour le moment. On nous a « ordonné » d’aller larguer du ravitaillement à la piétaille. Parait que la ville-cible est en train d’être ravagée. Encore les mutants qui sortent d’un peu partout. Les huiles du gouvernement qu’on a récupéré y a quelques jours nous disent que c’est des gars qui se sont un peu trop approché des centrales nucléaires qui ont à moitié pété. Conneries. Ces cons de mutants ont attaqué les villes avant que les premiers séismes et que le premier tsunami frappent l’Europe. Même quand c’est la fin, les politicards continuent à se foutre de nous.

     

    53 minutes.

     

    Je pilote un bombardier. Quelque part, je pense que je devrai être fière. J’ai jamais piloté autre chose que des chasseurs bombardiers, ou des chasseurs. J’ai piloté quelques MIG, des hélicos, mais c’est tout. Je pilote un avion de la Seconde Guerre Mondiale, un engin poussif, ultra rétro, mou du cul, j’ai 8 chances sur 10 d’exploser en vol à cause des réacteurs trop vieux, mais bon… Fallait un pilote.

    J’aurai dû refuser. J’avais pas le choix, mais j’aurai refuser.  Me couper une main, ou me coller un bastos dans l’occiput.

    Cet avion, c’est le Memphis Belle. Un avion de légende. Le premier avion qui a effectué 25 missions pendant la dernière guerre. 25 missions, c’est le retour au pays. C’est la fin de la guerre pour l’équipage. Et pour l’appareil. Après ça, c’est soit la casse, soit le musée. Aujourd’hui, ça signifie plus grand-chose. La fin de la guerre, pour nous, c’est la mort.

    Putain, mais le Memphis Belle, quoi ! D’un côté, ça fait plaisir de pilote un machin comme ça.

    Les mécanos l’ont un peu arrangé, un turboréacteur monté à la va-vite pour qu’il puisse voler plus vite, et avec un plus gros réservoir. Avec c’t’engin, on atteint les 900 km/heure. Ouais, ça fait pas beaucoup, mais ça fait quand même le double de sa vitesse de base.

    Et puis merde, c’est un avion qui a plus de 70 piges ! Je me demande d’ailleurs comment ils ont fait pour le faire voler, plus de 60 ans qu’il prenait la poussière dans un musée. Il a méchamment toussé quand je l’ai pris en main.

     

    47 minutes

     

     

    Va falloir que je descende un peu. C’est pas bon de voler dans les nuages, on sait jamais sur quoi on peut tomber. Un copain, Yann, m’a dit qu’une fois il est tombé sur tout un groupe de mutants Gonfleurs, planqués dans un cumulo-nimbus. Ces saloperies sécrètent de l’hydrogène dans leurs glandes surrénales, ça leur permet de s’élever. Elles dérivent au grès des vents, et elles profitent de leurs tentacules pour choper les plus petits mutants et les becqueter.

    Hé, ces enfoirés font généralement 15 mètres de large, pour une vingtaine de mètres de haut, et leurs glandes sont de la taille d’un autobus…

     Mais bon, comme c’est de l’hydrogène, ça crame bien.

     

    Avec un temps aussi clair, on devrait pas trop croiser de volant. De mutant volant, je veux dire. Des immondes saloperies, ça.

    Quand un mutant volant te repère dans le ciel, il te fonce dessus. Heureusement, c’est pas la plus intelligente des bestioles, ce con là va te foncer dessus en ligne droite, ce qui te laisse au moins une vingtaine de secondes pour l’allumer.

    Quand on a deux mutants volant en face de soi, on croise les doigts, on serre les fesses, et on prie pour que les canons n’aillent pas s’enrayer.

    Quand ils sont plusieurs, c’est plus emmerdant.

     Y a un mois, je suis tombé sur un nid. J’avais un MIG-29, avion de chasses russe, potentiellement bourrin. Je dis relativement, parce que ces coucous pouvaient être équipés de nuke. À l’époque, j’avais des missiles et une paire de mitrailleuses calibre 50.

     Donc, le nid. J’escortais un cargo qui transportait du matos pour les blouses blanches. On a survolé Annecy, on a été attaqué. Pas super original, tu me diras. C’est l’nombre d’opposant qu’est original. Plus d’une soixantaine. Crois-moi, à c’t’instant là, j’aurai bien aimé avoir une nuke.

    On les a repérés de loin, un genre de nuage, le pilote du cargo a pensé à des oiseaux. Moi j’ai directement tilté. Les oiseaux, on les voit pas au radar. Ou alors, c’est qu’ils sont vraiment gros. En l’occurrence, là, oui, c’était des grosses bestioles, 2.50 mètres pour les plus petites ! Des genres de gargouilles à une ou deux paires d’ailes, une gueule énorme, et un caractère de merde ! Un peu comme tous les mutants. Y a que les zombies qui sont pas chiants.

    À ce moment, on avait le choix entre plusieurs solutions : se barrer pour  aller demander confirmation des ordres, mais ça signifiait aller affronter la colère des gradés, ou foncer dans le tas, et affronter la colère des gargouilles. Dans les deux cas, c’est pas mal d’emmerdes sur le gras. Et la mort en fin de parcours.

    Le pilote du cargo a immédiatement contacté les grosses têtes, qui lui ont aussitôt dit de continuer, d’éliminer ces saloperies, qu’elles pouvaient pas être aussi nombreuses, que c’était théoriquement impossible, tout le blabla scientifique inutile habituel.

    Le cargo était pas armé, mais était prévu pour être défensif. Seulement deux tourelles latérales et une sur le flanc, toutes les trois armées de calibre 50 jumelés. C’était peu. Surtout que des munitions, on en avait plus des masses, depuis la Grande Fusillade.

     

    Moi, j’ai pas attendu que les artilleurs de la conserve à côté de moi se mettent à leurs postes, j’ai directement envoyé deux missiles incendiaires dans la mêlée, encore à 230 mètres devant.

    D’une rotation, je me suis déporté sur l’autre flanc du cargo, pour lorgner les missiles qui filaient.

    À mi-chemin, les bestiaux ont du remarquer que quelque chose filait vers eux. Pour ça qu’ils se sont séparés. Pas tous, mais une bonne moitié. Ceux qui sont restés devaient avoir été finis à la pisse. Une jolie explosion, des corps enflammés qui ont plané sur quelques mètres avant de tomber. Même si on était encore loin, j’ai pu les voir. On voit toujours bien un macchabé enflammé qui tombe.

     

    J’ai à peine eu le temps de voir l’effet de mes missiles que les autres cons étaient sur nous. Ah, je peux te dire que ça a saigné ! Les artilleurs ont directement ouvert le feu, en s’en foutant de gâcher le peu de munitions qu’ils avaient. Ça a crépité pendant une bonne minute, descendant les mutants qui étaient pas assez rapides. De mon côté, j’en ai shooté quelques-uns aussi.

    Et puis c’est arrivé. Les bestiaux ont fini par trouver un angle mort sur le cargo, et à arracher le blindage pour rentrer dedans.

     

    C’est le pilote qui m’a prévenu en gueulant, en m’ordonnant de tirer directement dans les moteurs du cargo, pour le faire péter. Tant qu’à perdre l’équipement, autant que ce soit dans un gros boum, en descendant la plus de ces saloperies.

    J’l’aurai bien fait, si j’avais eu encore des munitions. Il me restait plus que mon quatrième missile, le troisième ayant été emporté par un mutant pas super intelligent…J’ai pris du recul, manettes à fond pour décrocher les cons sur mon réacteur arrière et j’ai largué l’engin sur le cargo. Il a mis 8 secondes à parcourir les 40 mètres de distance qui nous séparait. Et il a fini sa course dans le moteur principal du gros porteur lourd.

     

    J’ai pu voir le visage du pilote se retourner vers moi après avoir vidé son chargeur sur la gueule d’un volant. Il avait l’air calme. En voilà un qui savait qu’il allait mourir. De toutes façon, en ce moment, y a toujours pire que la mort. 

     

    Le quadrimoteur est parti dans une déflagration assez impressionnante pour tout cramer sur un rayon de 50 mètres. Dans l’équipement des blouses-blanches, y avait des saloperies inflammables, bombonnes de propane, sans parler du kérosène du réservoir. Je sais de quoi je parle, j’étais au premier rang.

     

    Mon avion s’est pris la gerbe de flammes en pleine face. J’ai eu énormément de bol de pas exploser.

     

    C’est après que j’ai capté que j’avais pas tant de bol que ça. Les flammes avaient léché de trop près les jointures des ailes, et tout l’habitacle commençait à vibrer, en plus de la direction qui répondait plus.

     

    J’ai eu le temps de piger ce qui allait se passer. L’horizon était plus en face de moi, mais le sol si.

    Un coup dans la manette d’éjection d’urgence, et hop! dans le ciel, avec mon parachute qui s’est ouvert.

    Là j’ai eu le temps de réfléchir à la plus grosse boulette de toute ma putain de carrière.

     

    Dans le ciel, mon avion qui part en flamme et qui va se crasher à un kilomètre.

    Et moi, comme une conne, qui descend doucement, en parachute. Tu vois pas où est le problème ? J’ai l’air d’un jambon qui descend doucement dans un plateau d’argent pour tous les débiles qui ont surement observé le combat aérien. 

    Et j’avais sur moi qu’un Beretta 92 et deux chargeurs, ainsi qu’une  lame de 14 centimètres pour me défendre. C’est peu, très peu, face à du zombie, du mutant débile, animal ou pillard.

     

     

     

    La suite... Quand j'aurai décidé de la publier. En vrai y a déjà 2 autres pages d'écrites, mais je posterai ça plus tard.


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  • Bon. Alors 1 Bonne année. ça c'est fait.

    2 Je poste trop rarement, mais je poste quand même.
     

    3 - Deuxieme nouvelle de Apocalypse, j'en fait un roman composé de nouvelles de plus ou moins 10 - 20 pages. Celle la racontera l'histoire de *************. Et ça va être un epu plus trash que la premiere.

     

     

    Apocalypse

    Reims

    Apocalypse  + 19 ans.

     

     

     

    Au cours de l’histoire, être black n’a pas toujours été très utile. Au moment de l’Apocalypse non plus. Après plusieurs années à me cacher dans des caves, j’ai décidé  d’en finir. Je ne pouvais continuer. Cela m’a demandé une sacrée dose de courage. Je me suis balancé du haut de la Tour des Argonautes.

    L’objectif final, se suicider, n’était pas facile : la Tour était dans un quartier relativement dangereux, des gangs s’affrontaient tous les jours, principalement le VIII Reich et les Anarcomunistes. En 6 mois d’Apocalypse, le racisme s’est intensifié, entrainant fatalement des chasses à l’homme, des sacrifices humains, et des grands banquets.

    De jour comme de nuit, les balles fusaient. Quand ce n’était pas les balles, c’était les cailloux, les munitions carnivores, les rochers, les bidons d’essence, la dynamite, les cadavres, et quand chacun n’avait plus de munitions, ils en venaient aux mains. Aux pieds. Aux griffes. Ils tuaient tout sur leurs passages, mais ne quittaient jamais le quartier. Ces gens-là recrutaient jusqu’aux mutants pour leurs guerres personnelles.

     

    Je ne vous raconterai pas quels outrages j’ai subi, mais il vous faut savoir que le viol en fait partie.

    Pourquoi cette tour-là, me demanderez-vous…  C’est la tour dans laquelle j’ai passé mon enfance, il me semblait normal que ma vie s’achève là où elle a commencée. J’ai toujours été un peu nostalgique.

    Ça m’a pris un mois, à pied, en avançant peu, pour traverser le quartier, et une dizaine de jours pour grimper en haut de la tour. Ma grande taille ne m’a pas toujours aidé, mais pour grimper dans les cages d’ascenseur, ça allait. Il m’a fallu éviter les étages où le chaos régnait, ceux où les mutants avaient pris possession des lieux, ou même ceux où certains avaient installé des pièges explosifs. Impossible de passer par les escaliers, ils étaient bloqués par des cadavres, humains et animaux, et les rats étaient légion.

    J’ai dû grimper très lentement, pour ne pas faire de bruit, et éviter de me faire repérer par ceux qui avaient commencé à s’entredévorer.

    L’escalade fut longue : je suis tombé plusieurs fois, et l’échelle n’était pas toujours intacte, j’ai même dû grimper au câble de l’ascenseur, tant les barreaux étaient pourris par la rouille. Mourir du tétanos en pleine Apocalypse, ça aurait été idiot.

    J’avais été prévoyant, pour une fois : j’avais récupéré des rations de survie sur un des soldats morts chargés de protéger les civils, au début de la Fin.

    Pour le reste, la prévoyance n’aura pas été mon fort. Je suis un intellectuel, pas un sportif. Avant que tout cela ne démarre, j’étais plutôt un geek, ordinateur à gogo, jeux-vidéo, nuits blanches à éliminer des aliens ou des zombies sur des jeux en réseau, ou encore lecture intensive de mangas.

     J’avais tout lu sur la Fin des temps, j’avais préparé mon sac de survie, mes armes, mes plans de repli, magasins à piller, provisions à emporter plutôt que d’autres, et une destination où j’aurai été à l’abri. J’ai dû abandonner tous ces projets pour revenir à la réalité, lorsque j’ai perdu mon sac dans l’éboulement de ma maison. Je n’avais pu sauver qu’un petit couteau pour maquettes, ce qui était mieux que rien.

     

    Quand je suis arrivé en haut, j’ai pu voir la ville. De la fumée, des incendies ici et là, des hurlements, des bruits de tirs, des ruines, et même des zombies qui avançaient, les bras ballants, gémissant après une bande de survivants armés de bâtons cloutés. Des mutants volants parcouraient le ciel, frappant et tirant sur les derniers avions qui essayaient tant bien que mal de calmer tout ça.

    Je me suis avancé, je suis grimpé sur le rebord, et j’ai regardé.

    Le chaos.

    On pouvait rien dire d’autre. Dans le ciel, les mutants et les avions continuaient leur ballet aérien.

    J’avais le souffle court, je transpirais. La peur me serrait les tripes, et ma peur du vide se faisait plus grande.

    Un avion avait été abattu, son fuselage était rongé par les impacts des armes mutantes. Il fonça droit sur un bâtiment au sol, en explosant dans un bruit terrible, envoyant des débris un peu partout.

    En bas, le sol dur. Une chute de 50 mètres pour finir écrasé, compressé, et mort. Je serai à coup sûr tué sur le coup.

    Doucement, je m’approche du bord du toit, bravant mon vertige qui se fait de plus en plus présent.

    Mon ventre grogne. Il est vrai que je n’ai pas mangé depuis deux jours. Je suis un peu faible, j’ai maigri, mais j’ai toujours mon gros ventre. Bientôt, je n’en aurai plus rien à faire.

    Bientôt…

    Assez. Je me penche, et me laisse tomber.

    Pendant quelques secondes, je ressens une grande peur, et plus rien après. Je pense que je me suis évanoui.

     

    Vous supposez probablement que je suis encore sur le toit, à imaginer ce que sera ma chute, le temps que je mettrai à toucher le sol, à mourir… non rien de tout cela. J’ai bien sauté.

    Pourtant j’ai continué à penser. Je ne voyais rien, j’avais mal partout, j’étais entravé…

     

    Quand j’ai ouvert les yeux, je me suis aperçu que j’étais vivant, et donc un peu déçu. Des liens de câble attachant mes pieds et mes mains, j’étais captif des nazis. Ceux-là n’étaient pas des adorateurs d’Hitler, mais plutôt de Klaus Barbie.

    Un torchon me couvrait la bouche, et j’étais nu. À côté de moi, d’autres hommes et femmes de couleur étaient attachés, plus ou moins blessés. Nous baignons tous dans une mare de sang coagulé, parsemée de petits bouts de chair. Un homme était suspendu par les poignets, écorché vif, son sang coulant sur une grande bâche de plastique. Les gouttelettes perlaient sur toutes les dizaines de coupures, le sang qui coulait rejoignait la mare répugnante.

    Plus loin, d’autres hommes, blancs et habillés contrairement à nous, discutaient en buvant des bières. Ils rigolaient, fumaient, nous balançant leurs déchets à la figure. J’étais trop concentré sur ma douleur aux jambes et je n’ai pu entendre que des bribes de conversation. Ça aurait été utile que j’entende tout, mais je ne pouvais, ou plutôt, je ne voulais pas. J’avais, selon moi, trop souffert. Je ne savais pas ce qui m’attendait.

     

    Quatre jours. Pendant quatre jours, le groupe de prisonniers a baissé de moitié. Toutes les 6 heures, nos geôliers piochaient dans la masse de prisonniers. Les « élus » étaient alors torturés. Tortures douces ou brutales, morts lentes et douloureuses. Ceux qui nous retenaient n’étaient plus des hommes : c’étaient des animaux, des démons sans âme, sadiques et terrifiants. L’écorchage à l’économe, le supplice de la roue sur une table ronde, les incisions entrainant la mort par exsanguinité, les lames de cutter entre les gencives ou sous les ongles, l’arrachage des dents et des ongles, l’énucléation, la lobotomie au tire-bouchon, l’ablation des paupières et des lèvres, ingestion de déjections, castrations, viols multiples par différents orifices à l’aide d’objets plus ou moins gros, ou même tout simplement le saut dans le vide, les pieds attachés par du fil barbelé. Le tout sur de la musique. Pour les tortures, selon moi violentes, qui entrainaient des flots de sang ou des hurlements inhumain du bourreau et du supplicié, on pouvait entendre du Rostropovitch, du Schubert, du Mozart. En revanche, pour les tortures dîtes « douces », ou le sujet perdait connaissance, on passait du rock’n roll, du metal, du punk, bref, toute musique obligeant à rester éveillé. Je sais ce que vous vous dîtes et non, nos bourreaux n’étaient pas sadique au point de nous passer du J.Bieber. Nous étions en Enfer, mais quand même !

    Jamais je n’aurai cru qu’un corps humain pouvait tenir aussi longtemps en vie dans de telles conditions de douleurs.

     

    Les supplices étaient quotidiens, les monstres qui nous infligeaient ça étaient apparemment des professionnels. Probablement des évadés. Les prisons avaient été vidées dès le début de cette crise, pour ne pas être trop cruels envers les prisonniers qui seraient morts de faim, les gardiens ayant abandonné leurs postes. Quelle ironie, tout de même. Les bagnards deviennent des geôliers.

     

    Toutes ces abominations visuelles ont très vite eu raison de mes dernières forces mentales. Longtemps j’ai imaginé ma mort, mais jamais je n’aurai cru qu’elle finirait comme cela, dans mon ancien appartement, baignant dans une flaque d’hémoglobine, la raison en morceaux, brisée par des monstres.  J’avais perdu tout espoir, mais je me raccrochais à la vie de toutes mes ultimes forces, sans savoir pourquoi. Mon esprit était peut-être détruit, mais mon corps voulait vivre. Peut-être que mon corps avait convaincu mon esprit que la vie, même en période de grande crise était vivable.


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  • Nouvelle mélo, nouvelle musique, nouveau sujet à aborder
    Nouvelle compo, nouvelle critique, nouveau texte à balancer.
    Justice, misère, le nucléaire, la révolution par Internet,
    Les utopies, que dire ? Que faire ? Car même la guerre, je l'ai déjà faite.

    Mais ce matin, j'ai la tête vide, neurones absents, les mots me manquent
    Un bateau ivre à la dérive, et même mon Bic est en panne d'encre,
    J'ai la batterie un peu usée, y'a plus d'essence dans le cerveau,
    C'est la panne sèche des hémisphères, pourquoi je me suis levé si tôt.

    Elle est entrée, une petite voix me glisse tout bas :
    « T'es trop sérieux, soit plus léger, second degré, alors laisse-toi aller ! »

    Laisse-toi aller !

    J'ai beau me passer le refrain en boucle, creuser un thème à la légère,
    Comme un joli souvenir d'enfance, une belle balade printanière,
    Un vol de mouette en plein été, ou le coup de foudre du mois de juillet
    Pas facile la facilité, ça peut peser 3 tonnes la légèreté.

    La même page blanche comme un Everest, un nouveau pic à dominer,
    Par la face Nord, par la face Est, une nouvelle voie à explorer.
    Mais j'ai l'esprit toujours à l'Ouest, rien ne me vient, je reste au pied,
    Je suis loin de l'ivresse et des sommets, ça serait plutôt la brasse coulée.

    « Alors arrête de te prendre la tête sinon y'a le gaz ou bien la fenêtre
    Sois plus léger, second degré, alors laisse-toi aller ! »

    Laisse-toi aller !

    Je voudrais un petit bout de paradis artificiel pour me lâcher,
    Pour alimenter du superficiel, un truc illicite qui pourrait m'aider
    En barre, en poudre ou en fumée même du légal à décapsuler
    En pack de douze mais à cette heure là, même le reubeu, il est fermé.

    L'amour, la haine créent des dilemmes, ça c'est génial, ce serait le drame,
    Pour déclencher l'inspiration, ah si seulement j'avais 2 femmes,
    2 petites histoires en parallèle, se faire aimer, se faire haïr,
    Quand les extrêmes créent des problèmes, au moins y'a toujours quelque chose à dire.

    Encore une fois sa petite voix me glisse tout bas :
    « Lâche ton stylo, lâche tes idées, viens t'allonger et surtout laisse-toi aller ».

    Laisse-toi aller !

     

     

    No One Is Innocent - Laisse Toi Aller


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