• Apocalypse p.1

    Nouveau roman, youpi! Du trash, du bourrin, avec des influences comme Half Life², Just Cause 2, Braindead, David Gemmel... et plein d'autres.

    Hé, j'vous avais dit que je posterai! J'ai pas trainé, hein ?

     

     

                                                                                                                 Apocalypse

     

     

     

     

    ATTENTION - ATTENTION - ATTENTION – ATTENTION Drrzrt…
    La radio grésille, la voix métallique s'éteint... Une autre voix s'élève, assurée, haletante :
    - C'est bon, j'devrai être en sécurité, pour au moins 3 ou 4 heures. Appel à tous ceux du coin, les mutants ont pénétré les fortifications, les combattants sont morts... Doit m'rester 1 ou 2 chargeur à demi-plein, et un paquet d'explosif... Ici le sniper Lens, matricule THX1138, si vous m'entendez... MERDE!


    Des coups de feu se font entendre, ainsi qu'une explosion, et des râles de douleur...
    -Putain!... *kof, kof* J'en ai eu 2, d'ces salauds! Des putains d'homme-requins mutants, les gros en plus! ... Si vous m'entendez, venez-vous battre! La ville n'est pas condamnée! On peut les avoir! Mais il nous faut des bras! On devrait r'cevoir des munitions et d'la bouffe, d'ici peu.

    Ici le Sniper Lens, s'il y a quelqu'un, RÉPONDEZ!!!

     

    Voila, j’ai entendu ce message il y a une heure. Du coup, j’ai répondu. Mais bon, comme je m’y attendais, personne à répondu. Faut dire aussi que je sais pas depuis quand ce message a été émis. Le gars doit être mort.

    Même avec les meilleures armes du monde, un bon mental, une bonne forme physique, un casse dalle dans le ventre, des munitions et plein de potes pareils derrière, dans cette guerre ça compte pas. Nope. Ce qui compte, c’est se planquer, faire gaffe aux ennemis et aux pillards, avoir un chargeur plein, et surtout, avoir de la chance. Après, avoir du muscle, pas faim, un gros gun, et être prêt mentalement c’est pas mal non plus. Ça aide un peu.

     En groupe, généralement on survit pas longtemps. Bon si on est 3 ou 4, encore la ça va, mais faut avancer tout le temps, jamais rester plus de 2 heures à un même endroit, ne jamais défourailler au premier ennemi, le laisser passer si il nous voit pas.

    Ah ouais, tiens l’ennemi. Parlons-en de celui la. Il est pas humain. Il est arrivé d’on sait pas trop où. Ni comment. C’que je peux vous dire, c’est qu’on a appelé ça les Mutants. Parce qu’ils sont difformes, comme des humains, mais évolués n’importe comment, ‘voyez ? La plupart sont à taille humaine, avec un membre en plus, voire une tète de plus, ça  permet de regarder ailleurs pendant que ça bouffe. Y en a qui peuvent aller jusqu'à 4-5 mètres, l’genre brise noix, ceux la. Et enfin, y a les mutants animaux. Requin, fauves, aigles, insectes, bref tu prends n’importe laquelle de ces bestioles et tu la customise pour en faire un truc vaguement humain, dangereux, plus ou moins intelligent, coriace, teigneux… une vraie saloperie. Et biens sure, bien résistante. Enfin, pas assez pour résister à un bastos en pleine poire !

    Ah pis tiens, l’apocalypse a eu lieu. ‘Fin, c’est entrain de se produire. Ouais, comme tu te l’imagine, séismes, pluies de météorites, tempêtes acides, volcans qui poussent, zombies, mutants et autres bestioles à la wanégen… c’est la merde quoi. ON… est dans la merde. Et ça fait pas loin de 23 ans que l’Apocalypse est la.

    ‘Fin, l’Apocalypse, Armageddon, Fin des Temps, Fin du Monde, t’appelle ça comme tu veux. Y en a qui pensaient qu’ça arriverait vers fin 2012, ils se sont plantés, c’est arrivé quelques années plus tard. En 2012, les seuls trucs craignos qui sont arrivés, c’est la réélection d’un petit mec au pouvoir, une vague d’émeutes qui a tourné en guerre civile en Europe, et l’apparition d’une grippe du poisson. Pour le coup, en comparaison d’aujourd’hui, c’était de la pisse de chat.

    Tout ça pour te dire, gamin, que si t’es nouveau ici, fais gaffe à ton cul. Dans l’coin, soit tu finis dans le ventre d’une bestiole ou d’un pillard, soit les trippes à l’air, soit crevé à cause du temps de merde. Ça te bouffe tout, y compris la peau…

    Perso, moi, ça fait 19 piges que j’baroude dans l’coin, j’suis prêt à t’filer un coup de main. Si t’as des clopes, bien sur.

     

     

     

     

     

     

     

    UN peu plus loin sur le message, le type disait qu’il était au point 1-8-4 NW 429, dans un poste avancé. Du coup, ça correspondait plus ou moins à la rue du Clou dans le fer. Merde. Le centre ville. Généralement, dans le centre ville, y a beaucoup d’ennemis. Des gros surtouts. Mais bon, comme j’ai besoin de munitions, j’y vais.

    Bon, j’ai quelques armes, toutes avec un silencieux : pas envie de me faire dézinguer ou repérer. Un FAMAS sur lequel j’ai mis une lunette, un M16A4 « récupéré » sur le cadavre d’un marine y a 2 mois, et un 357 Magnum. Pas de silencieux celui-là, mais généralement l’ennemi se barre quand tu sors ce truc. Un bastos suffit pour n’importe quelle bestiole.

    Il me reste 3 balles dans le barillet, une ou deux balles qui trainent au fond de ma poche, plus 2 chargeurs pleins pour mon FAMAS, keud’ pour mon M16. Et ma machette branloche un peu, faudra que j’en récupère une autre.

    Bon. Je suis à environ 800 mètres de cette rue, dans ce qui reste de l’ancienne bibliothèque Herrah. Plus de livres, plus de toit, mais des murs épais. 2 jours que je crèche la. L’ancien locataire a laissé des provisions avant de se faire bouffer par 5 zombies. Ils étaient en plein casse croute quand j’suis arrivé. Ce mec était prévoyant, sauf pour les armes. Rien qu’un couteau rouillé. C’est la que j’ai à moitié cassé ma machette en fracassant un zombie.

    Je monte les quelques marches de l’ancien escalier, pour avoir une vue dégagée sur la rue. Bon, à première vue, ça à  l’air calme. Je m’en fumerai bien une avant de partir, tiens. Nan, j’suis à court depuis une semaine, ce qui me fout la haine. Si jamais j’croise un mutant, ça va chier pour sa gueule.

    Je descends dans la rue, discretos, me planquant derrière les carcasses calcinées, faisant gaffe de pas me ramasser en butant sur une caillasse, pro quoi.

    Tout va bien. J’ai parcouru un peu plus de 200 mètres tranquillement quand un truc attire mon attention : en hauteur, du mouvement. Rapidement, je m’accroupis, j’ai ma mire derrière moi, à gauche, à droite, et je reviens en haut. Je zieute dans la lunette, et je vois… dans une chambre dont un mur entier est tombé, un zombie. Plusieurs. Et une fille, 19, 20 ans, pas plus. Jolie, blonde, yeux verts. Elle a l’air bloquée. Elle va pas s’en sortir. Soit elle saute, soit elle se fait bouffer. Elle essaie d’attaquer les tas de chair putréfiée, avec un bâton dont le bout se termine par un couteau. Pas con pour l’arme, mais pas utile contre une douzaine de zombies. Elle a réussi à en planter un, mais son arme reste en travers du mort-vivant. Elle ne peut plus le récupérer, et elle se fait mordre. Idiote. Elle finit par repousser le zombie, et se jeter dans la rue. Sa tête heurte le sol dans un bruit assez dégueu, ça fait de la cervelle partout. Je m’approche du macchabé encore frais pour lui faire les poches, et je trouve un paquet de clopes. Chouette ! Pas mes préférées, mais c’est toujours ça de pris. Et elle a aussi des mouchoirs de papier propres. À certains endroits de la ville, ça vaut une fortune. Je récupère aussi une mèche de cheveux, ça éloigne les hyènes-mutants. Je repars aussi sec, en m’en allumant une, toujours aussi furtivement.

    C’est vrai, j’aurai pu l’aider, gâcher des munitions sur des zombies pour sauver une gonzesse qui m’aurait surement poignardé cette nuit. Dans ce monde, c’est chacun pour sa gueule. Après 48 années dont 19 d’horreurs, je m’y suis habitué.

    Je laisse doucement la fumée circuler dans mes poumons, savourant cette cigarette comme si c’était la dernière que je fumais, comme à chaque fois. Une clope. Ça me rappelle quand y en avait partout, avant, quand j’étais jeune. Y a… longtemps.
    Non.

     Cette époque est loin derrière moi. Je me refocalise sur le temps présent. Laisser son esprit vagabonder en marchant dans une rue, aujourd’hui, c’est plus ou moins de la folie.

    Toujours silencieusement, je continue ma route, en prenant garde à ne pas trop marcher sur les métaux, déchets, plaques métalliques, ou poignées de douilles qui constellent la rue. Bouger en silence, c’est ce qui m’a permis de survivre. Ça et des armes chargées, entretenues et toujours opérationnelles. Et j’ai jamais été bidasse ! J’ai tout appris sur le tas. J’apprends plutôt vite. Ça m’a permis de rester en vie, non sans récolter de belles balafres.

    Ça va plutôt bien, j’ai parcouru plus des trois quarts du chemin quand je m’aperçois d’un truc que j’aurai du remarquer il y a plusieurs secondes… ça va trop bien. Pas de mouvement sur la route, rien derrière moi. En haut, sur les hauteurs, rien. Plus loin en haut, dans le ciel, keud’. Pourtant… je flaire un truc pas net.


    Doucement, je pose mes fusils à terre, ainsi que ma machette, mon 357 et mon sac. J’ouvre doucement mon grand imper, que je dépose aussi à terre, devant mes armes. Je mets alors mes mains derrière ma tête, dans mes cheveux, sur une petite lame cachée pour éviter les problèmes comme ceux la. Je lance au mec (surement pas plusieurs) planqué :

    -          Mec, je cherche pas la castagne. Montre-toi. On peut commercer, si ca t’dis. Mais me flingue pas. Le bruit attirera au minimum 50 zombies.

     

     

    Pas de bruit pendant une quinzaine de secondes. Je reprends la parole.

    -          Et j’ai des clopes

     

    Du mouvement, à quelques mètres derrière moi. Le gars s’avance, en me pointant de son fusil.

    -          Retourne-toi ! qu’il me dit, comme s’il parlait à un chien.

    Moi, je dis rien. Le gars se rapproche un peu, insiste, m’ordonne de me retourner, arme son bras pour me filer un coup de crosse, mais il a apparemment pas prévu que j’allais me baisser, lui choper le bras et le mettre ma lame sous la gorge.

    Ce type a la vingtaine, barbe brune, une demie cagoule sur le visage, un fusil d’assaut AK-74U, flambant neuf, que je vais récupérer si il me donne pas très vite une bonne raison de pas le buter tout de suite.

     

    -          ça fait combien de temps que tu me suis, que je lui dis, en appuyant un peu ma lame sur sa jugulaire.

    -          Arrghh… tr… trois minutes… j’t’avais dans mon viseur… mais quand t’as commencé à t’désaper… j’ai pas compris…

    -          Gamin, y a rien à comprendre. Je vais retirer ma lame de ta gorge, mais avant, tu vas lâcher ton fusil. À 3. 1, 2, 3.

     

     Le gosse lâche son fusil par terre, je retire ma lame, et il reprend son souffle. Tranquillement, je remets mes affaires, tout en écartant le fusil du pied, hors de sa portée. C’est la que je remarque son insigne sur l’épaule : un crâne humain barré de deux croix rouges renversées. La milice Antin Mutant. D’habitude, ils visent pas les vieux comme moi.

     

    -          Déserteur ? Ouais, nan, t’as pas l’air assez futé pour ça. Alors ? Tu t’es paumé ? Vu ton âge, ça m’étonne pas. Pis r’tire ta cagoule, que je lui dis.

    Le gosse retire sa cagoule, révélant un tatouage tribal qui lui parcoure le front jusqu’au nez.

    -          J’me suis perdu. Ça fait trois jours que je marche, j’ai atteins ce quartier ce matin.

    -          Et d’où tu viens ? ça fait longtemps qu’on voit plus de jeunes ! Y a encore des bunkers souterrains ? ‘Vrais nids à merde, ces saloperies !

    -          Nan. J’ai été parachuté y a une semaine. Je suis soldat de la garde suisse.

    -          Ah ouais, parait que c’est eux qui commandent, maintenant. La montagne. Trop longtemps que je l’ai quitté. Bon, écoute, gamin, j’adorerai taper la discute avec toi, mais j’ai du chemin.

    -          Ah ? Vous allez ou ?

    La, le gosse commençait à me faire chier.

    -          Bon, tu commence à me les briser. Je vais plus loin dans le centre ville, y a un taré qu’a encore un PC, avec des munitions…

    -          Heu… vous pouvez m’emmener ?

     

    Oh putain. Nan. Jamais pu blairer la compagnie. Surtout un jeune. Je sens que si j’accepte, je vais le regretter. Mais il a surement des trucs intéressants sur lui. Et, surtout, première rège quand on est humain non cannibale : ne pas tuer un autre humain sans raison valable.

     

    -          T’as de quoi payer, gamin ?

    -          Heu, j’ai… je le vois farfouiller dans les poches de son treillis à peine couvert de poussière. J’ai des dollars et des euros.

    La je le regarde bizarrement. Puis je pars dans un fou rire incontrôlable. Après m’être calmé, et sous son regard inquiet, je lui réponds.

     

    -          Écoute, gosse, le fric vaut plus rien du tout en ville. Les billets servent plus à se torcher qu’autre chose. Nan, ce qui importe, en termes de monnaie aujourd’hui, c’est les clopes, les munitions, les armes, la bouffe, les médocs, et la drogue. Pour t’amener la ou je vais, ça fera… au moins ton joli fusil…

    -          Hein ? Vous rigolez ?

    -          Bon, tu fais chier, arrête de me dire vous. Et si t’es pas content, propose autre chose, au alors casse toi.

    -          Heu… j’ai des amphet’, et de la morphine. Et trois paquets de Red Smoke…

    -          Ok. Je prends la morphine, ça suffira. On en trouve plus beaucoup, et c’est toujours utile. Allez, amène toi, on va pas coucher la. Par contre, on va devoir faire un détour, notre petite réunion a ameuté des zombies. Let’s go !

    -          Merci, m’sieur ! Au fait, moi, c’est Jean ! Et vous ?

     

    Putain, ça y est, je regrette déjà.


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