• Apocalypse nouvelle 5 partie 4

    On a donc bourré quelques véhicules d’explosif aux principaux accès d’ou peuvent venir les mutants. Avec des claymores à déclenchement en cas de mouvement. Histoire de faire péter ces rats quand ils arriveront.

    Quelques minutes plus tard, l’hélico était en vue. Julien m’a confirmé par radio : l’autre équipe envoyée a bien fait taire les DCA, on aura donc aucun problème en repartant. Je suis allé prévenir les civils de se préparer à sortir. L’homme qui nous avait accueilli a regroupé tout le monde, et les a invités à sortir. Le gigantesque engin volant s’est posé, soufflant des kilos de poussière sur les voitures et les bâtisses alentours. Dés que la porte arrière s’est ouverte, deux bidasses ont commencé à faire grimper les civils. Comme toujours et en règle générale, les femmes et les enfants d’abord. Deux minutes ont suffit pour que tout le groupe de civils embarque, nous laissant des places aux postes de tir. Quand on a voulu monter dans l’hélico, les troufions nous ont arrêtés.

    « Nouvel objectif, les gars. Une poche de civils a été localisée au milieu d’une cathédrale, au centre de la ville.

    En entendant ça, on s’est regardés, et on ensuite regardé, incrédules, le troufion qui nous a dit ça.

    -          Attends, tu déconnes, là ? On galère depuis ce matin pour traverser la ville et venir ici, et tu nous dit d’aller au centre de la ville, là ou c’est l’plus dangereux ?

    -          Désolé, sergent, j’peux vous passer le commandant Kolodzciejak, il vous confirmera les ordres.

    Je suis pas d’humeur à me prendre une peignée par Kolo. Je balance un bon gros « FAIT CHIER !!» à côté de la radio, et on s’éloigne, que l’hélico puisse repartir.

    -          Faites pas la gueule, sergent, le lieutenant-colonel Chopiton vous a fait livrer des quads !

    J’adore ce mec. Le seul gradé que je connais qui est allé sur le terrain et qui connaît les besoins des bidasses.

    -          Mouais… Kolo est au courant qu’il nous envoie dans une zone ultra dangereuse ? C’est à cause de la fois où on a prit un tank pour aller acheter du whisky et qu’on a foutu le feu au mess des officiers ? Ou alors c’est pour la course de drones au dessus de l’Afghanistan y a 3 mois ?

    -          Sergent, chut. Loïc me met la main sur l’épaule. La radio est toujours branchée.

    Je regarde le voyant jaune allumé sur la radio que tient toujours le troufion dans ma direction.

    Une voix forte couvrant le bruit du moteur de l’hélico en sort. Il a vraiment pas l’air content.

    -          Maintenant, j’ai deux autres bonnes raisons de vous envoyer là-bas, Sergent Lumberjack ! Vous avez intérêt à réussir cette putain de mission, enfoiré de merde, sinon j’vous scotche à  la prochaine tête nucléaire qu’on balance sur une ville perdue ! Si jamais vous revenez pas, je viens moi même vous ramener à coup de pompes dans le cul, tas de cons, bordel de merde de sacs à foutre !

    J’attrape la radio, et je l’éteins en la jetant par terre.

    -          Marre de ce connard de gradé. Soldat, tu rentres au QG et tu lui dis qu’on a compris, qu’on s’excuse, qu’on l’fera plus, les excuses habituelles quoi. Et tu diras merci de notre part à Chopiton, c’est pas impossible revienne pas…

    Un bref signe de tête de la part du soldat, l’hélico fait un demi tour, larguant au passage des quads, et j’ai la chance de voir la pilote qui me lance un clin d’œil. C’est Giulia, une copine qui se fait appeler l’Ange de la Mort. Elle pourrait faire atterrir ce bahut sur un immeuble qui s’effondre, juste pour le trip (voir Note 3).

     

    On regarde le Pave Lowe s’éloigner, tous un peu dégoutés de pas être dedans. On s’approche des 17 heures, la nuit commence à tomber, ce qui n’est définitivement pas normal, on est à la mi-juin. On commence donc à s’activer, à prendre en main les quads, et à bouger. Julien me tend son oreillette, c’est Tom qui gueule.

    -          Chef, faudrait pas m’oublier. J’descends ou quoi ? D’ici, j’vois que quelques mutants arrivent par le pont.

    -          Merde. Et de l’autre côté, vers le centre, tu vois du mouvement ?

    -          Chef, tu rigoles ? Y a que ça du mouvement. Des mutants, des pillards, j’ai même vu un rhinocéros défoncer un camion ! Faudrait être fou pour aller là-bas. Et nous, on rentre quand ?

    -          Après avoir sauvé des abrutis dans la cathédrale.

    -          Chef, naaaan. On va y passer, là…

    -          C’est bien possible.

    -          Tu dis ça pour déconner hein ?

    J’aimerai bien…

     

    Pendant que Tom est descendu, j’ai jeté un coup d’œil aux quads. Ils sont garnis de munitions, explosifs, vivres et un kit de survie. Chopiton. J’adore ce mec.

    Tom descend, le moral dans les chaussettes, il voulait vraiment repartir, quitter cette ville de merde.

    On a rechargé nos armes, démarré les quads, et on est partis vers le centre, ou plutôt vers l’enfer. Ce matin, pendant le briefing, les gradés nous ont déconseillé de passer par  le centre-ville, c’est là que sont les mutants. En très grand nombre. Ils se rassemblent là où on peut trouver de la nourriture. Il va falloir redoubler de prudence. Ou de folie, faut voir.

    Nous avançons sur les débris de véhicules, d’armes, de béton de la rue de Mars, roulant sur chaque obstacle, sans grande difficulté, Loïc en tête, suivit de très près de par Tom, Julien, moi, et Max en dernier.

    Un camion-benne est couché sur le côté, rétrécissant considérablement la route. On passe par un petit parking, évitant difficilement les voitures garées ici, sauf Max, qui est carrément monté sur la benne pour sauter sur une Clio, décapitant au passage un horodateur qui déverse son estomac de pièces jaunes sur le sol dans une série de tintements. Pour la discrétion, faudra repasser…

    On est en vue de l’hôtel de ville. L’édifice a bien morflé, on dirait qu’un taré s’est amusé à tirer dessus au mortier. Des pans de mur se sont écroulés, pratiquement toutes les vitres sont brisées, et l’unes des grilles des fenêtres a été pliée, plusieurs cadavres sont empalés dessus. Nous passons à côté, doucement, pour ne pas trop faire hurler les moteurs. La grille pliée n’était pas la seule. Sur la quinzaine de fenêtres, pratiquement toutes les grilles sont pliées et tels des mouches, des dizaines de corps pourrissent, embrochés, à demi-dévorés pour certains. Notre approche fait fuir les quelques corbeaux festoyant dans leur macabre diner. Je reconnais le maire, planté sur un panneau de signalisation. Ses jambes ont disparues, remplacées par des lames de cutter plantées dans la chair. À en juger par la flaque de sang au pied du panneau, l’opération a dû être réalisé lorsque le maire était vivant.

    On laisse les macchabés reposer en relative paix, c’est pas impossible qu’ils soient là pour être consommés plus tard, et on continue. On commence à entendre des bruits plus forts, le fond sonore augmente un petit peu. Sur notre gauche, à plus ou moins 100 mètres, on entend une grenade exploser, et une longue rafale d’arme automatique sur la droite. Tom nous fait une remarque.

    « Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir… Les portes des Enfers nous sont ouvertes !

    -          La ferme, Tom. »

     

    Devant la mairie, c’est le chaos. Les pavés ont été descellés, et entassés devant les entrées des magasins et des habitations. Les voitures autrefois garées en rang sont maintenant des carcasses fumantes encastrées dans les murs. Quelqu’un est entrain de creuser un trou, à quelques mètres de là. Quand nous passons près de la fosse, il arrête son travail pour nous regarder d’un air triste. Personne n’ose rien dire. Il nous montre un tas de mutants, morceaux d’humains, et animaux. Il enterre tout ça. Nous nous en allons, laissant l’homme à sa besogne. A mon avis, ça serait plus simple de cramer le tout.

    On atteint la place du Forum. Ici, une meute de mutants essaie de briser les barricades de l’ancien forum romain, d’ou s’échappent des coups de feu, des tirs en rafale, et cocktails molotovs. Des mecs qui vont y rester, probablement. Il y a tellement d’aberrations, on ne peut rien faire pour les aider. Et les abominations ne nous accordent même pas un regard. Autant continuer.


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