• Apocalypse nouvelle 5 p3

    C'est bon, le gars qu'est le héros de cette nouvelle m'a trouvé des noms. Loïc et Max  en arme lourdes (fusil mitrailleuse), et Julien en lance-patate.

     

    ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    On remonte dans le truck en priant pour que le moteur soit encore en état de marche.

    Je tourne la clef dans la fente, pour démarrer. Le moteur toussote un peu, et finit par partir après quatre essais. Cette fois, on s’arrête plus avant l’objectif.

    J’enfonce l’accélérateur, et on est repartis. On quitte sans problème la zone rasée sans problème, et on retourne sur l’avenue. Je préviens quand même mes gars.

    -          Préparez vos armes, les mecs. Si le capitaine de tout à l’heure a dit vrai, va y avoir de l’action d’ici quelques instants.

    Les sécurités sont enlevées sur les armes, on retire l’obturateur des lunettes de visée, on charge les patates dans les M203. 

    J’accélère un peu, on monte à 60 km, ce qui est pas mal pour un véhicule blindé. Le décor latéral file à toute vitesse maintenant. On a fait environ 600 mètres quand Tom nous annonce encore un truc pète burne. Je me retourne une seconde : il est à l’arrière, son fusil posé sur le toit du truck, l’œil dans sa lunette.

    -          Mutants en vue, les mecs. Des ptiots, une bonne cinquantaine. Ah, ça y est ils nous ont vu. Sergent, autorisation de tirer ?

    -          Autorisation accordée. Fumez-moi ces saloperies dès qu’on arrive à portée.

    -          Oui, sergent !, me répond en chœur mon unité. Ça fait plaisir de les voir sourire un peu.

    On arrive à 40 mètres. Les bestioles nous foncent dessus. Ils ont pas l’air commode. Et ils sont rapides.

    30 mètres. Les premiers de la troupe, plus rapides que les autres se font décapiter, leurs cervelles vient tacher de rouge la route grise de poussière.

    -          Premier sang les mecs !

    Tom est vraiment content, si ça peut lui faire oublier un peu de temps l’image de son ancien quartier rasé.

    20 mètres. Max et Loïc ouvrent le feu, une mitrailleuse M249 « Minimi » crachant plus de 12 balles de 5.56 à la seconde, et un PK Pecheneg russe, plus de 16 balles de 7.62 envoyées par secondes. Des ravages dans la masse dc membres hurlant fonçant sur nous.

    5 mètres. Un mutant s’élance, et se prend une grenade provenant du lance-patate de Julien. Le bestiau difforme explose, couvrant de chairs sanguinolentes tout l’avant du véhicule.

    J’entre avec le truck dans une mer  de monstres. Le choc est à peine ressentit. Notre véhicule est vraiment lourd, sans le poids du blindage, on se serait renversé à l’impact.

    Ça mitraille de tous les côtés. Le truck avance, écrasant, hachant, brisant os et chairs, se frayant un passage dans la marée infâme.

    Un dégénéré apparemment plus agile que ses copains arrive sur le capot, et me gueule dessus avant de commencer à cogner sur la vitre avec une barre de fer. La vitre se fendille, je vois plus grand-chose. Il arrache les essuie-glaces, le sang commence à remplir tout le pare-brise.

    -          Julien, vire moi cet enfoiré, merci.

    -          Je recharge, démerde toi, sergent.

    Et merde. Je lâche une main du volant et je chope mon Colt 1911 sur ma cuisse. Je tire à travers la vitre, qui explose, projetant le taré gesticulant devant le camion, que j’écrase sans grande difficulté comme ses compagnons. Le pare-brise cassé, je reçois vite des gouttelettes rouges sur le visage. Je remets mon Colt dans son holster, et remonte mon écharpe au niveau de mon nez, tout en baissant la tête.

    On sort finalement de la masse de viande immonde pour retrouver la route.

    Je jette un rapide coup d’œil à l’arrière : personne n’est mort, Max et Loïc tirent toujours dans le tas, par rafales. Je repose mes yeux sur la route, et Julien me  demande un truc.

    -          J’peux leur laisser un souvenir explosif, sergent ?

    -          Pourquoi pas…

    L’expert en démolition assis à côté de moi prend un petit paquet de C4 d’une de ses poches, met un détonateur dedans, et le lâche par la fenêtre. Je continue à rouler assez vite, laissant aux survivants le temps de nous poursuivre. Julien actionne alors sa télécommande, un grand sourire aux lèvres.

    Une explosion fait trembler le sol, éparpillant la meute à nos trousses, projetant des bouts de cadavres un peu partout. Toute l’équipe hurle de joie.

    -          YEAH ! Dans vos culs, sales merdes gluantes !

     

    On traverse le pont sans problème, en évitant les voitures abandonnées, défonçant au passage quelques portières restées ouvertes.

    On s’arrête là où le moteur explose, à quelques pas d’un mémorial en ruines. Une petite pluie commence à tomber. On descend, en regardant le paysage. Silencieux. Rien ne bouge. Le bâtiment cible est droit devant, à une centaine de mètres.

    On recharge nos armes, tout en observant notre fier engin de combat improvisé. Il a une sale gueule. Le pare buffle est à moitié plié, des morceaux d’os sont plantés dans les pneus, et tout l’avant est maculé d’un rouge foncé immonde, parsemé de petits éclats de cervelle.

    -          Bon. Il nous aura bien servi, c’t’engin. Messieurs ? Vos résultats ?

    Julien ouvre le bal sur un score de 10 mutants tués au lance-grenade, plus la moitié de la meute. Tom en a eu 8, dont trois avec la même balle. Loïc et Max ont le même score, à savoir 9 mutants troués chacun. Je reste sur mon score d’un seul frag avec mon colt, sans compter les abominations que j’ai écrasé, renversé, ou simplement fracassé.

    On met à jour nos scores personnels (note 2), et on se remet en chemin. Devant nous, une grande place pleine de voitures abandonnées, la plupart fracassées, écrasées, poussées sur le côté par les tanks, trouées par toutes sortes de calibres, ou même par des météorites. On avance, en se mettant à couvert, avançant contre les véhicules. Notre fracassante arrivée a du alerter tous les gus présents dans la zone. Je remarque un reflet, au sommet de l’arc de triomphe, droit devant. Je fais un signe d’arrêt, les gars stoppent.

    -          Qu’est-ce qu’il se passe, sergent ?

    -          Probablement rien, mais je préfère vérifier. Tom, regarde le haut de l’arc droit devant.

    Le tireur d’élite s’exécute, et regarde dans la lunette de son fusil.

    -          Alors ?

    -          Je vois rien chef. Y a quelques caisses à la base, et des barbelés, l’endroit doit être un avant poste abandonné.

    -          Bon chef, on y va ? J’aimerai être de retour à la base pour le diner, moi.

    Max. Espèce d’estomac sur pattes.

    -          Ouais… On y va. Restez à couvert, j’ai pas envie de tomber dans une embuscade.

     

    On continue, accroupis, silencieux. Faudrait pas qu’on se fasse gauler par un tireur isolé, ou une bande de pillards. Ou une autre meute de mutants, cette fois on a plus de blindé.

    Nouvel arrêt. Je regarde une flaque d’eau.

    Un bruit au loin, comme une petite explosion souterraine.

    Des ronds dans l’eau.

    Nouveau bruit, plus proche.

    Plusieurs ronds dans l’eau.

    Encore un bruit, on ressent une petite vibration.

    -          Chef. Un séisme.

    -          Nan… C’est pas un séisme… regardez l’eau.

    Un nouveau bruit, on ressent tous le sol vibrer.

    Julien me regarde, l’air apeuré.

    -          Putain, non, c’est comme dans le film… Va pas y avoir un putain de T-Rex qui va nous tomber sur le coin de la gueule ?

    Je déglutis comme si j’avais une boule de pétanque dans la gorge.

    -          Non… Enfin, j’espère que non.

    Un bruit, tout proche. On regarde à travers les vitres du monospace derrière lequel on est cachés.

    Encore un bruit, plus puissant.

    C’est le monumental connard. Le mutant géant qu’on a croisé tout à l’heure. Il arrive directement sur nous. Il est à peine à 20 mètres. Et chacun de ses pas fait trembler le sol.

    -          Ok, les gars, on bouge. On court jusque l’objectif, rien à foutre des tireurs isolés, on a plus important au cul !

    Tout le monde dégage, au pas de course.

    On arrive au parking devant les Halles, peu de voitures sont garées là.

    On ne s’arrête que quand on a atteint les grilles et les barricades.

    On se retourne pour voir l’autre géant abruti qui nous regarde. L’échange de regard dure une douzaine de secondes. A part la taille, ce mutant a l’air comme les autres. Moche, gris sombre, un air de mammouth croisé avec un ours débile, il a pas mal d’impacts de différents calibres sur tout le corps. Des bras musclés couverts de débris, et des morceaux de panneaux plantés dans tout le corps. Et, comme la dernière fois, il continue son chemin.

    On se regarde, sans trop rien comprendre, le lourdaud continue sa route, écrasant les voitures et ce qui se trouve sur sa route. Y a des trucs qu’il ne faut pas chercher à comprendre.

     

    Je cogne à la porte, en parlant à voix basse :

    -          Hé, la d’dans ! Ouvrez-nous. Unité Ace of Space, armée de Terre, on vient vous sortir de là.

    Personne ne répond. Je colle mon oreille aux barricades de bois, aucun bruit ne se fait entendre. Ok. Je demande à Tom de regarder à travers sa lunette spéciale. Il me dit que c’est bon, il y a bien quelqu’un à l’intérieur.

    -          Avis aux civils qui se réfugient à l’intérieur, on sait que vous êtes là. Pas la peine de vous planquer.

    Toujours aucun bruit.

    -          Vous êtes surs de pas vouloir nous ouvrir ? Nous on s’en fous, on peut rentrer, hein. Dernière chance.

    La porte s’entrouvre, un petit homme armé d’un fusil de chasse nous regarde, sa mire pointé sur ma tête. Il a pas l’air très rassuré.

    -          Qu’est-ce… Qu’est-ce qui me prouve que vous êtes des vr-vrais soldats ?

    -          On a capté votre transmission ce matin vers 8h23, on est arrivés vers 11 heures, et on va appeler un hélico pour qu’il vienne vous évacuer. Ça te va comme preuve ou faut en plus qu’on sorte not’ CV ?

    -          N-non. Ç-ça ira. Entrez.

     

     

    A l’intérieur, c’est assez grand. Je compte une quarantaine de civils, répartis sur toute la surface. Ils ont monté des abris de fortune, il y a des draps qui pendent en guise de murs, parfois des caisses de vivres ou de munitions. La seule lumière ici vient du haut, éclairant le village miséreux. Une bande de gosses nous voit en premier et détale. C’est vrai qu’on a pas des gueules d’anges, mais tout de même.

    -          Excusez les. Ils ont p-peur de vous, mais on a été attaqués hier, pa-par des gens av-vec des tenues comme les vôtres. Ils ont t-tiré à travers les portes et ont blessé de-deux enfants.

    -          Mouais. Probablement les mêmes qui nous ont demandé une taxe de passage. Monsieur, ne vous inquiétez pas, ces mecs sont morts à l’heure qu’il est.

    Julien confirme, en reposant sa radio.

    -          Sergent, c’est bon, le colonel dit qu’ils ont envoyé quelques obus sur les deux bâtiments, après qu’ils se soient fait arroser.

    -          Bon, déjà un problème de réglé. Julien, tu vas avec le civil contacter la base, dis leur de ramener un hélico. Tom, tu montes sur le toit pour couvrir notre position. Préviens moi si tu vois du mouvement important. Max et Loïc, vous sortez avec moi, on va rendre la Z.A. un peu plus présentable, que l’hélico puisse se poser.

    Avant de sortir, je me tourne vers l’homme qui nous a fait entrer. 

    -          Monsieur, il y a des hommes armés qui pourraient nous aider ?

    -          Personne n’a jamais te-tenu une arme, ici.

    -          Bon… Bah on va se démerder.

    On sort, sous les yeux apeurés des civils. Ils sont ici depuis deux semaines, ils ont vécu l’enfer. Même notre présence ne les rassure pas. Le mec qui nous a accueilli a pas du dormir beaucoup cette semaine, il est dans un état de choc avancé.

     

     

    -          L’hélico pourra pas se poser si les voitures sont encore là. Julien, ça se présente comment pour l’évacuation ?

    -          Le transport sera là d’ici un peu moins de vingt minutes. Le QG m’a dit que les DCA avaient été prises d’assaut, plus rien qui marche. Donc on pourra monter dans l’hélico avec les civils. Ah, ouais, et ce sera un Pave Low.

    Carrément. Ils ont envoyé un Pave Low. Un hélicoptère énorme. Donc on a intérêt à se grouiller pour déplacer les voitures de la ZA.

    Si Tom nous couvre depuis le sommet de l’édifice, on va devoir faire gaffe à ce qui peut se trouver dans les voitures. J’ai vu quelques trucs remuer, tout à l’heure.

    Je m’approche d’un véhicule qui a bougé, semble-t-il. La mire levée, je regarde à l’intérieur par la fenêtre arrière.

    Quelqu’un est au volant. Un homme. Sa tête bouge bizarrement. J’ouvre la bouche pour lui parler, puis je me ravise. Ce mec serait coincé là depuis 3 semaines, sans dire un mot, sans appeler quiconque, sans montrer qu’il est vivant ? Probablement un piège.

    D’un geste de la main, j’ordonne à Loïc d’aller voir à l’avant de la voiture. Un autre ordre gestuel, ordonnant à Max d’inspecter l’engin.

    Le grand rouquin regarde en dessous, les portes, et me fait comprendre par un signe de la main que tout est OK.  Je lui lance un signe de tête, et me tourne vers l’autre soldat, apparemment confus. Il regarde fixement l’homme au siège avant. Pas d’explosif ou de piège sur la voiture, je me déplace pour rejoindre Loïc. Je me place à l’avant de la voiture, et là, je prends une claque. L’homme au volant a une partie de la mâchoire arrachée. Le pare brise a reçu une rafale, et le mec, ou plutôt la chose, s’est prit plusieurs balles dans le torse. Malgré ça, ce truc n’est pas mort. Non, en fait, il nous mate, essayant d’articuler un genre de grognement. Loïc émet une supposition.

    -          Sergent… J’crois que c’est un zombie.

    -          Ouais. On dirait bien. Toi qu’a vu tous les films sur le sujet, tu sais comment on les bute, nan ?

    Là dessus, Loic prend son arme et tire trois bastos dans la tronche de notre ami attaché par sa ceinture de sécurité. Son crâne explose, recouvrant l’habitacle de cervelle noire.

    -          Tout a fait immonde, mais efficace. Bon, Max, tu prends le volant, nous on pousse.

     

    On en a eu pour un gros quart d’heure à pousser les voitures sur le côté. Il y avait encore un autre zombie attaché au siège d’une camionnette, Max s’en est occupé. A notre retour de mission, faudra quand même prévenir les gradés à propos des zombies…

    Avec les véhicules qu’on a poussé, on a pu faire une ligne de barricade, pour se protéger d’un éventuel assaut. Selon les quelques civils qui sont venus nous aider, la meute de mutants qu’on a croisé tout à l’heure était une petite troupe…


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :