• Apocalypse Nouvelle 5 fin

    On prend par la rue des Élus. Ici comme ailleurs, la zone est délabrée. Cette fois, on dirait que quelqu’un a utilisé un boulet de démolition sur les façades des maisons, des impacts énormes constellent la rue. La circulation devient plus difficile, il faut éviter les véhicules abandonnés, les carcasses, les trous, et les débris. Je passe en tête de file, pour repérer le terrain. C’est là mon erreur.

     

    Un impact.

     

    Une détonation.

     

    Je suis projeté en arrière, Max fait basculer son quad pour m’éviter.

     

    J’ai bien mal au ventre, c’est mon pare-balle qui a tout pris. Le kevlar a encaissé le choc, mais je dois avoir une cote fêlée.

    Je reprends rapidement mes esprits, je roule derrière une voiture brulée, et je gueule aux autres de se mettre à couvert, ce qu’ils ont déjà fait. Max et Tom sont à l’abri derrière une camionnette postale retournée, Loïc dans un cratère assez profond, et Julien est avec moi, entrain d’extraire la balle de ma protection ventrale.

    « Du 25mm. Chef, on t’a tiré dessus avec un fusil longue portée, c’est un miracle que tu sois encore vivant.

    -          Ooof… Putain. Quelqu’un a vu d’ou venait le tir ?

    -          Chef, je dirai devant, mais y a rien avant au moins 500 mètres, pas de couvert ou de bâtiment.

    -          Ok. Donc on va prier pour que notre sniper ne soit pas équipé d’une lunette thermique.

    Je prends deux grenades fumigènes que je dégoupille, et j’en jette une devant nous, une autre sur la droite. On continuera la route sans se faire voir.

    L’écran de fumée commence à se former, on remonte sur nos véhicules, et on se barre de cette rue infernale. Faudra juste faire gaffe en revenant de pas passer par là, se faire allumer deux fois au même endroit ce serait vraiment con.

     

     

    L’objectif est en vue. La dernière rue qu’on a empruntée ressemblait plus à un tas de gravats qu’à une rue, et on a eu quelques difficultés à manœuvrer sur ce terrain difficile.

    La cathédrale est devant nous. L’emmerde, c’est qu’entre nous et la cathédrale, il y a le parvis. Et sur le parvis, y a des mutants. Non, pas simplement « des » mutants. « Enormément » de mutants serait plus juste. Le parvis est rempli d’horreurs qui tambourinent à la grande porte. Pas de doute, il y a bien des gens emprisonnés à l’intérieur, mais ils ne craignent rien : ces portes font plus de 6 tonnes chacune, en chêne massif, indestructible de la part d’une foule en colère ou d’une bande de mutants cons comme des balais.

    Maintenant faut juste trouver un moyen d’entrer, sans se faire repérer par les débiles qui attendent devant. C’est Julien qui nous balance une première idée. S’en suit une foule d’idées plus ou moins idiotes :

    « On peut passer par au dessus, y a des câbles et des grappins sur mon quad.

    -          C’est pas idiot, mais si on se fait choper, on se fera descendre d’une manière ou d’une autre.

    -          Y a l’office de tourisme qu’est proche de la cible, et je crois qu’il y a un passage…

    -          Nan, ça a été bouché il y a quelques années.

    -          Sinon, on peut passer par en dessous, les égouts rejoignent les catacombes.

    -          J’suis sur qu’en dessous de nous y a des mutants encore plus dégueulasses qu’ici. Et des rats. Et ça pue.

    -          Ah, oui, j’oubliais que « Max-la-femmelette » était parmi nous.

    -          Max-la-femmelette va t’en coller une, tu va voir !

    Ça y est, c’est reparti. On a beau être une des meilleures équipes des forces spéciales, on peut pas s’empêcher de se friter. Tel que c’est parti, faudrait un truc vraiment énorme pour que ces cons là arrêtent de se menacer. Et apparemment, c’est entrain de se produire.

    Quelque chose attire mon attention.

    « Les gars… ? »

    Les mutants ne tambourinent plus contre la porte, parce qu’elle vient de s’ouvrir. Ils ne comprennent pas, et moi non plus. Il sort en petit homme en bure noire, paré d’habits de parade, et brandissant un crucifix.

    « Vous croyez que ça peut marcher ? (Max n’a pas l’air très convaincu, et Julien n’en croit apparemment pas ses yeux.) D’un point de vue religieux, c’est des créatures de Satan, du coup… Y a peut être une chance…

    Les mutants regardent sans trop capter ce que l’homme baragouine, probablement du latin, et foncent dessus pour le démembrer. Puis c’est toute la horde qui s’engouffre à l’intérieur de l’édifice.

    On reste là, à regarder, entendant les hurlements de terreur et de douleur des occupants des lieux. Personne ne dit mot pendant une minute.

    Enfin, je prends ma radio.

    « Colonel, mission terminée. On est arrivés trop tard, forces ennemies trop importantes, civils DCD, attendons évacuation. Escouade Ace of Spades, terminé. »

     

    On a du retourner derrière la cathédrale, sur le terrai de sport St Symphorien, ou un hélico nous attendait. Au moment ou on est arrivés, on a reçu des rafales, et Tom, pardon, le 2e classe Vvolf a été touché à la jambe. On ne sait toujours pas contre quoi on a riposté, mais c’était comme des mutants, mais plus grands, plus gros, et armés de flingues étranges. Le 2e classe Vvolf nous a dit de le laisser couvrir notre fuite, l’ennemi arrivant de plusieurs côtés. Il nous a dit par radio que sa blessure n’était pas soignable, une artère était touchée. On a vidé nos chargeurs sur les assaillants jusqu’à ce qu’on ne soit plus à portée, dans l’hélico qui nous rapatriait.   

     

     

       - extrait du premier rapport oral du sergent-chef Timothée « Lumberjack » P.  


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