• Apocalypse - nouvelle 3 - partie 2 fin

    Suite et fin de cette 3e nouvelle sur Apocalypse.

     

     

     

    34 minutes

     

     

    Arrête de me faire ces yeux de chien battu ! Okay, okay, c’est bon.

    Le semi avait la CB, j’ai pu contacter l’avant-poste le plus proche, ils sont venus me chercher en hélico. Fin de l’histoire.

     

    Non, je peux pas développer ! J’pilote, là, t’as pas remarqué ?

     

    Par contre, j’peux te parler de moi. Oui, je suis une fille. Bravo. Ma vie se résume à trois mots : « Pas de bol ». Je suis né il y a une trentaine d’années dans l’Oklahoma, dans un village paumé ou ma vie était toute tracée : devenir la femme d’un demeuré de redneck, lui faire des gosses et enfler pour atteindre 160kg.

     Mon cul. J’ai fugué à 14 ans, j’ai zoné pendant 4 ans, et je me suis engagée dans l’armée à… ?

    18 ans. Bon, tu suis, c’est bien.   

     

    Là-bas j’ai appris à me battre, à tirer, à me faire tirer, à baiser les autres, et à avoir des couilles. J’ai aussi appris la patience, à force de dire des conneries et de passer des mois au trou, mais c’est une autre histoire.

     

    C’est là aussi que j’ai eu mes tatouages.

     

    yhukykuykuryuk

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    «I don’t love me »

     

     

    Le premier, c’est sensé me représenter. Quand tu rentres dans l’armée, tu dois admettre que tu vas mourir dans un avenir proche, et la plupart du temps de manière affreuse. Et pour le casque, j’adore le rock’n roll. J’en suis resté aux années 70, et le reste me fait chier.

    Pas super original comme tatouage, je sais, mais quand t’es face à un tatoueur qui sait pas dessiner autre chose que des crânes, tu fais pas ton difficile.

    Ça, des débiles de ce genre, y en avait des tas à l’armée. Y en a toujours.

    Je sais plus qui, Patton, ou un magicien sur un cheval, je crois, qui a dit : « La seule chance qu’on ait de gagner la guerre, c’est qu’en face ils soient aussi cons qu’ici. ». Ce qui résume bien la situation…

     

    Mon deuxième tatouage ne demande pas plus d’explications.

     

     

    30 minutes.

     

     

    Encore une demi-heure de trajet. J’me plains pas. J’suis mieux dans les airs qu’à pied, comme la piétaille.  Mais bon, cet avion est lourd, et méchamment poussif. J’préfère, et de loin, piloter un hélico. Canarder une bande de zombies avec des missiles au napalm, c’est vraiment marrant. J’ai essayé une fois sur une bande de pillards qui venait d’attaquer un convoi de civils. Ça a donné des effets rouges avec les flammes vertes, c’est très joli la nuit.

     

    Tiens ! Quand on parle du loup. Regardes en bas : une bande de motards. Tu vas m’dire, ouais, c’est cliché, dans tous les films de post-apo, les pillards sont en moto, avec des blousons de cuir, et ils sont méchants… Bah ouais, mais en même temps, ils sont pas cons ! Ils prennent ce qu’ils trouvent, et de préférence, le plus rapide et le plus maniable, pour des attaques rapides, les motos ! Et les quads.

    Regardes moi ces cons. J’parie qu’ils nous suivent juste pour voir si on va pas se crasher, histoire de piller l’avion. Et on dirait que… Attends, qu’est-ce qu’il fout, l’autre, sur son quad ? Me dis pas qu’il a un Stinger ? PU-TAIN-DE-MER-

     

     

    27 minutes.

     

     

    Putain, les enculés. Les salopards de bouffeurs de merde.

    -          Mac ! Tu t’mets au canon de 105, et tu bombarde la ligne de poussière à l’ouest ! Balance leur 5 ou 6 obus dans la tronche à ces connards !

    -          On y va.

    -          Et emmène le journaleux avec toi, besoin de chanter pour pas lui en coller une. Ça m’emmerde, même ces connards nous en veulent !

     

     

    Venez, on va à l’arrière.

    Moi c’est Mac. Le lieutenant vous a parlé de moi ? Juste ce qu’il faut, j’imagine. Elle est mignonne, mais sacrément balèze.

    ‘Tendez. Faut juste que j’aligne ces messieurs, et…

     

    Voilà, c’est bon. Quelques kilos de plomb chargé au nitronium dans la face, ça fait toujours mal.

     

     

    -          OUAIIIIIS ! Dans vos gueules, enfoirés de mes deux ! Mac, t’es génial, j’t’adore, enflure !

     

     

    Apparemment, ça lui a plu. Je vous disais, cette fille-là est sacrément douée. Vous avez vu ça ? Elle est partie en vrille avec cet engin archaïque, pour éviter un missile qui nous aurait à coup sûr détruit.

    Lui dites pas que j’ai dit qu’elle est mignonne, elle pourrait me couper la bite si elle savait ça.

     

    Vous voyez tout ce matos, là ? ‘Pouvez jeter un œil, y a de tout. Des barres de vitamines, de la bouffe lyophilisée, du chocolat, des munitions de tout calibre, des flingues en masse, fusils mitrailleurs, mitraillettes, pistolets, lance-grenades, lance-missiles, machettes, épées, sabres, baïonnettes, nécessaire de survie, capotes, médicaments, aspirine, pansements, bandages, cirage, fringues, outils, pièces de moteur ou de tanks, fer à souder, chalumeaux, boites à outils, matériel de cuisine, pelles, pioches, parapluies anti-acide, crèmes solaires, livres, baladeurs MP3, dvds, bouteilles d’eau, cola, fruits, bière… Surtout de la bière. Et du PQ. Dans les villes, l’argent n’a presque plus de valeur, les civils commencent à utiliser le troc, et la bière commence à se faire rare. Ça peut paraître énorme, tout ce qu’on parachute, mais on est encore qu’au début de cette fin du monde. Ça fait pas 6 mois que ça a commencé, on balance donc pas mal de trucs aux civils et à nos gars pour qu’ils se démerdent. On pourra pas envoyer de renforts durant 107 ans non plus.

    Moi, j’suis copilote. Mais je resterai sur Reims une fois qu’on aura atterri. De toute façon, on a pas assez de carburant pour revenir, et on sera surement abattus dès qu’on arrivera au cœur de la ville.

    C’est pour ça, j’ai fait mes réserves : un parachute, un sac rempli de tout ce qu’il me faut pour survivre, un FAL – un fusil au coup par coup – avec une option fusil à pompe, un Desert Eagle, mon casque et mon couteau. J’ai besoin de rien d’autre. Tu sais, l’apocalypse, la fin de temps, j’y suis préparé depuis assez longtemps. J’ai servi dans les Bérets Verts, dans le Special Air Service, j’ai appris pas mal de trucs.

    Ouais, je sais si les gradés savaient ça, j’aurai surement 2 mois de trou, mais je pense pas que je les reverrai donc… Je me sers. Allez-y, vous gênez pas, prenez-vous quelque chose ! ça sera moins lourd pour le gars qui se prendra la caisse sur la gueule !

     

     

    23 minutes

     

     

    Bon, allez la rejoindre. Elle doit être calmée, là. Avec un peu de chance.

     

    Un dernier truc : si on est vraiment dans la merde en atterrissant, j’vous couvrirai pour vous trouver un passage hors de la ville. On a ici un beau quad qui demande qu’à être conduit !

     

     

    21 minutes

     

    Tiens, te revoilà, toi. Bon. Je t’ai pas mal parlé de moi, à ton tour. Je sais que t’es journaliste de guerre, que tu couvres les combats, pour rapporter les nouvelles aux civils, avec des photos de macchabés et de matos défoncé, mais ton nom, ton histoire, je veux te connaître un peu. Et puis, faut que je discute, et pas avec Mac. Ce grand con est mignon, mais va pas lui répéter, il se foutrai de ma gueule.

    Donc toi, c’est quoi ton histoire ?

     

     

    Libre au lecteur de s’inventer une vie, dans ce monde apocalyptique, tel qu’il/elle se voit d’ici 10 jours, 10 an ou 20 ans. Et de me l’envoyer, en quelques lignes, ça pourra donner un personnage dans une de mes futures nouvelles.

    Notez que ce n’est pas du tout une manœuvre de l’auteur  pour rajouter des lignes, avoir de nouvelles idées ou autres. Pas entièrement en tout cas.

     

    Ah ouais. Quand même. C’est pas banal.

     

     

    15 minutes

     

     

    Écoutes, je serai toi, je m’accrocherai. On va entrer dans la périphérie de la ville. Y a toujours des cons qui descendent tout ce qui bouge, donc on va très probablement se faire canarder.  Donc je vais très très probablement faire tout en tas d’acrobaties aériennes normalement impossibles à faire avec cet engin.

    Tiens, qu’est-ce que j’disais ?

    On arrive du coté de Sainte-Menehould. Ici y a une base militaire, normalement, j’fais que suivre les indications.

    Voilà, ça y est, ça commence, t’entends ça ? On dirait des grêlons. C’est du calibre 50 sur le ventre blindé de la carlingue. Les mécanos ont bien fait leur boulot, on dirait. Va vite falloir se barrer.

    Ouais, je sais, pourquoi des humains – militaires en plus ! - tireraient sur des autres humains ? C’est peut-être pas des humains qui nous tirent dessus. Certains mutants ont apparemment assez d’intelligence pour utiliser des armes, et ils s’en privent pas, ils nous tirent dessus avec nos propres guns. Les  enfoirés. Ils nous shootent avec leurs armes, des machins bizarres qui ressemblent à des animaux mutants. Ça t’envoie des balles qui te bouffent un bras, t’es obligé de couper pour pas que bouffe autre chose. Une fois j’ai vu un mec se prendre ça dans les couilles.  

    J’te conseille de t’accrocher, je pars en vrille. Et si, c’est possible avec un engin comme celui-là. Et tu gerbes pas dans mon avion sinon j’te largue avec le paquetage !

     

     

    12 minutes

     

    Bon, d’ici dix minutes, on envoie la purée. L’autre tête de cake doit se préparer, il rêve de descendre pour aller au contact. L’ennemi, y a que ça qui le fait tripper, pouvoir vider ses chargeurs sur du mutant. Remarque, moi aussi, mais uniquement avec mes belles sulfateuses calibre 50 que j’ai sur les ailes… Le combat rapproché, c’est pas mon truc. J’ai eu la formation de combat, au couteau, à l’arme de poing et au fusil, mais mon truc reste le sulfatage de masse, chose qu’on fait rarement avec un simple USP45.

    Ou alors, tirer de loin, j’aime bien aussi. Attention, de loin, je parle de 400 à 600 mètres, pour que ta cible entende la détonation avant que sa tête explose. Si on se fait pourrir en arrivant –ce qui ne m’étonnera guère- on sautera en parachute. Et j’ai toujours mon Dragunov sur moi.

    Juste histoire de faire quelques cartons.

    Il y a quelques années, pendant le conflit en Afghanistan, j’ai pu faire sauter quelques têtes. Y doit même rester quelques vidéos de moi sur le web. Tu sais bien, les bidasses ont souvent une mini caméra sur le casque, qui filme ce qu’on fait. J’ai pu récupérer les bandes et les mettre sur internet, ça a fait marrer les gars de ma compagnie, mais les gradés ont moyen apprécié… 8 jours de trou pour chaque mec troué sur la vidéo. Un total supérieur à 4 ans de taule. Marrant non ? J’y ai jamais foutu les pieds, j’étais un des meilleurs sniper du bataillon. Ces cons me faisaient chier, mais ils ne pouvaient pas se passer de moi.

     

    Oui, ça me fait rigoler. C’était la guerre, et les gars qui sont venu vers moi et mon équipe savaient qu’ils allaient mourir. Quand tu t’engages, faut admettre que tu es déjà mort. Foncer, pas réfléchir, agir, laisser ton corps parler à la place de ton crâne.

     

    6 minutes

     

    On arrive en vue du point de largage… va falloir faire vite, pas envie de m’éterniser ici.

    On va essayer de passer vite fait pour lâcher les-PUTAIN C’EST QUOI CE TRUC ?

     

    -          Je sais pas, on dirait un mutant plus gros que les autres…

     

    Un peu, qu’il est plus gros que les autres, Mac… On va s’le faire, il vire de bord. À la tourelle dorsale, tu vas lui chatouiller un peu le gras. Journaleux, va décrocher les paquets, t’as juste à appuyer sur les boutons rouges dessus.

     

    Putain, ce bestiau fait au moins vingt mètres de long… Tiens, goutes mon plomb, saloperie !

    Tiens, regardes moi ce machin, on pourrait faire atterrir un jumbo jet sur ce machin !

     

    Mac, laisse tomber, on lui fait rien, il a l’air d’être blindé… shoote plutôt les petits qui l’accompagnent, ces saloperies bouffent la coque. Et continue de t’accrocher, je vais grimper pour le perdre dans les nuages et redescendre pour le largage.

    -          C’est pas un peu dangereux, avec une antiquité pareille ?

    Ta gueule, c’est moi qui pilote cette beauté… Allez,

    RUUUUUN, LIIIIVE TOOO FLYYYYY,

    FLYYYY TOO LIIIIIVE

    DOOOO OR DIIIIIIE !!

     

    Allez, monte, monte, plus vite…

    Plus vite, tas de boue, l’autre enfoiré nous rattrape ! Allez saloperie, ou t’es bonne pour la casse, bouges ton cul rouillé, tas de tôles !!

    -          Je croyais que c’était une beauté…

    Mac, ta gueule !

     

     

     

    1 minute

     

     

    -          Dis voir, jolie rousse, je crois qu’on est assez haut, là,  non ?

    Ouais. C’est assez. On lâche tout. Va te préparer à sauter. C’est l’dernier vol du Memphis Belle, faut fêter ça !

    On inverse la poussée, on remet les gaz, et on fonce sur la zone de largage ! Un direct hit !

     

     

     

     

     

     

    « Après ça, l’avion a filé tout droit, c’était beau. Moi j’ai pu sauter en parachute avec le copilote, Mac.  La pilote apparemment complètement timbrée était toujours aux commandes de l’appareil, on voyait bien qu’elle partait en vrille en larguant ses paquets cadeaux, comme un père Noël bourré. L’avion est finalement parti en flammes, les moteurs bouffés par les gargouilles. J’ai cru apercevoir un parachute s’échapper du cockpit avant que l’avion percute une des tours de la cathédrale et finisse sa course derrière la gare, au milieu d’un champ de bataille.  Après ça, Mac m’a trouvé un véhicule en état de marche et m’a conduit hors de la ville. Il m’a lancé une radio et une arme de poing, et m’a simplement souhaité bonne chance, avant de repartir vers la ville, le sourire aux lèvres. Comme s’il était content que tout ça arrive, on aurait dit qu’il avait attendu toute sa vie que tout ce bazar arrive.

    J’ai roulé pendant trois bonnes heures, avant de trouver un poste avancé, c’est là que vous m’avez trouvé. » 

     

    Enregistrement et témoignage de [CENSURÉ] sur le Lieutenant C. Monroe et sur le 2eme classe Mac K.


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