• Apocalypse - 2eme nouvelle - Partie 1

    Bon. Alors 1 Bonne année. ça c'est fait.

    2 Je poste trop rarement, mais je poste quand même.
     

    3 - Deuxieme nouvelle de Apocalypse, j'en fait un roman composé de nouvelles de plus ou moins 10 - 20 pages. Celle la racontera l'histoire de *************. Et ça va être un epu plus trash que la premiere.

     

     

    Apocalypse

    Reims

    Apocalypse  + 19 ans.

     

     

     

    Au cours de l’histoire, être black n’a pas toujours été très utile. Au moment de l’Apocalypse non plus. Après plusieurs années à me cacher dans des caves, j’ai décidé  d’en finir. Je ne pouvais continuer. Cela m’a demandé une sacrée dose de courage. Je me suis balancé du haut de la Tour des Argonautes.

    L’objectif final, se suicider, n’était pas facile : la Tour était dans un quartier relativement dangereux, des gangs s’affrontaient tous les jours, principalement le VIII Reich et les Anarcomunistes. En 6 mois d’Apocalypse, le racisme s’est intensifié, entrainant fatalement des chasses à l’homme, des sacrifices humains, et des grands banquets.

    De jour comme de nuit, les balles fusaient. Quand ce n’était pas les balles, c’était les cailloux, les munitions carnivores, les rochers, les bidons d’essence, la dynamite, les cadavres, et quand chacun n’avait plus de munitions, ils en venaient aux mains. Aux pieds. Aux griffes. Ils tuaient tout sur leurs passages, mais ne quittaient jamais le quartier. Ces gens-là recrutaient jusqu’aux mutants pour leurs guerres personnelles.

     

    Je ne vous raconterai pas quels outrages j’ai subi, mais il vous faut savoir que le viol en fait partie.

    Pourquoi cette tour-là, me demanderez-vous…  C’est la tour dans laquelle j’ai passé mon enfance, il me semblait normal que ma vie s’achève là où elle a commencée. J’ai toujours été un peu nostalgique.

    Ça m’a pris un mois, à pied, en avançant peu, pour traverser le quartier, et une dizaine de jours pour grimper en haut de la tour. Ma grande taille ne m’a pas toujours aidé, mais pour grimper dans les cages d’ascenseur, ça allait. Il m’a fallu éviter les étages où le chaos régnait, ceux où les mutants avaient pris possession des lieux, ou même ceux où certains avaient installé des pièges explosifs. Impossible de passer par les escaliers, ils étaient bloqués par des cadavres, humains et animaux, et les rats étaient légion.

    J’ai dû grimper très lentement, pour ne pas faire de bruit, et éviter de me faire repérer par ceux qui avaient commencé à s’entredévorer.

    L’escalade fut longue : je suis tombé plusieurs fois, et l’échelle n’était pas toujours intacte, j’ai même dû grimper au câble de l’ascenseur, tant les barreaux étaient pourris par la rouille. Mourir du tétanos en pleine Apocalypse, ça aurait été idiot.

    J’avais été prévoyant, pour une fois : j’avais récupéré des rations de survie sur un des soldats morts chargés de protéger les civils, au début de la Fin.

    Pour le reste, la prévoyance n’aura pas été mon fort. Je suis un intellectuel, pas un sportif. Avant que tout cela ne démarre, j’étais plutôt un geek, ordinateur à gogo, jeux-vidéo, nuits blanches à éliminer des aliens ou des zombies sur des jeux en réseau, ou encore lecture intensive de mangas.

     J’avais tout lu sur la Fin des temps, j’avais préparé mon sac de survie, mes armes, mes plans de repli, magasins à piller, provisions à emporter plutôt que d’autres, et une destination où j’aurai été à l’abri. J’ai dû abandonner tous ces projets pour revenir à la réalité, lorsque j’ai perdu mon sac dans l’éboulement de ma maison. Je n’avais pu sauver qu’un petit couteau pour maquettes, ce qui était mieux que rien.

     

    Quand je suis arrivé en haut, j’ai pu voir la ville. De la fumée, des incendies ici et là, des hurlements, des bruits de tirs, des ruines, et même des zombies qui avançaient, les bras ballants, gémissant après une bande de survivants armés de bâtons cloutés. Des mutants volants parcouraient le ciel, frappant et tirant sur les derniers avions qui essayaient tant bien que mal de calmer tout ça.

    Je me suis avancé, je suis grimpé sur le rebord, et j’ai regardé.

    Le chaos.

    On pouvait rien dire d’autre. Dans le ciel, les mutants et les avions continuaient leur ballet aérien.

    J’avais le souffle court, je transpirais. La peur me serrait les tripes, et ma peur du vide se faisait plus grande.

    Un avion avait été abattu, son fuselage était rongé par les impacts des armes mutantes. Il fonça droit sur un bâtiment au sol, en explosant dans un bruit terrible, envoyant des débris un peu partout.

    En bas, le sol dur. Une chute de 50 mètres pour finir écrasé, compressé, et mort. Je serai à coup sûr tué sur le coup.

    Doucement, je m’approche du bord du toit, bravant mon vertige qui se fait de plus en plus présent.

    Mon ventre grogne. Il est vrai que je n’ai pas mangé depuis deux jours. Je suis un peu faible, j’ai maigri, mais j’ai toujours mon gros ventre. Bientôt, je n’en aurai plus rien à faire.

    Bientôt…

    Assez. Je me penche, et me laisse tomber.

    Pendant quelques secondes, je ressens une grande peur, et plus rien après. Je pense que je me suis évanoui.

     

    Vous supposez probablement que je suis encore sur le toit, à imaginer ce que sera ma chute, le temps que je mettrai à toucher le sol, à mourir… non rien de tout cela. J’ai bien sauté.

    Pourtant j’ai continué à penser. Je ne voyais rien, j’avais mal partout, j’étais entravé…

     

    Quand j’ai ouvert les yeux, je me suis aperçu que j’étais vivant, et donc un peu déçu. Des liens de câble attachant mes pieds et mes mains, j’étais captif des nazis. Ceux-là n’étaient pas des adorateurs d’Hitler, mais plutôt de Klaus Barbie.

    Un torchon me couvrait la bouche, et j’étais nu. À côté de moi, d’autres hommes et femmes de couleur étaient attachés, plus ou moins blessés. Nous baignons tous dans une mare de sang coagulé, parsemée de petits bouts de chair. Un homme était suspendu par les poignets, écorché vif, son sang coulant sur une grande bâche de plastique. Les gouttelettes perlaient sur toutes les dizaines de coupures, le sang qui coulait rejoignait la mare répugnante.

    Plus loin, d’autres hommes, blancs et habillés contrairement à nous, discutaient en buvant des bières. Ils rigolaient, fumaient, nous balançant leurs déchets à la figure. J’étais trop concentré sur ma douleur aux jambes et je n’ai pu entendre que des bribes de conversation. Ça aurait été utile que j’entende tout, mais je ne pouvais, ou plutôt, je ne voulais pas. J’avais, selon moi, trop souffert. Je ne savais pas ce qui m’attendait.

     

    Quatre jours. Pendant quatre jours, le groupe de prisonniers a baissé de moitié. Toutes les 6 heures, nos geôliers piochaient dans la masse de prisonniers. Les « élus » étaient alors torturés. Tortures douces ou brutales, morts lentes et douloureuses. Ceux qui nous retenaient n’étaient plus des hommes : c’étaient des animaux, des démons sans âme, sadiques et terrifiants. L’écorchage à l’économe, le supplice de la roue sur une table ronde, les incisions entrainant la mort par exsanguinité, les lames de cutter entre les gencives ou sous les ongles, l’arrachage des dents et des ongles, l’énucléation, la lobotomie au tire-bouchon, l’ablation des paupières et des lèvres, ingestion de déjections, castrations, viols multiples par différents orifices à l’aide d’objets plus ou moins gros, ou même tout simplement le saut dans le vide, les pieds attachés par du fil barbelé. Le tout sur de la musique. Pour les tortures, selon moi violentes, qui entrainaient des flots de sang ou des hurlements inhumain du bourreau et du supplicié, on pouvait entendre du Rostropovitch, du Schubert, du Mozart. En revanche, pour les tortures dîtes « douces », ou le sujet perdait connaissance, on passait du rock’n roll, du metal, du punk, bref, toute musique obligeant à rester éveillé. Je sais ce que vous vous dîtes et non, nos bourreaux n’étaient pas sadique au point de nous passer du J.Bieber. Nous étions en Enfer, mais quand même !

    Jamais je n’aurai cru qu’un corps humain pouvait tenir aussi longtemps en vie dans de telles conditions de douleurs.

     

    Les supplices étaient quotidiens, les monstres qui nous infligeaient ça étaient apparemment des professionnels. Probablement des évadés. Les prisons avaient été vidées dès le début de cette crise, pour ne pas être trop cruels envers les prisonniers qui seraient morts de faim, les gardiens ayant abandonné leurs postes. Quelle ironie, tout de même. Les bagnards deviennent des geôliers.

     

    Toutes ces abominations visuelles ont très vite eu raison de mes dernières forces mentales. Longtemps j’ai imaginé ma mort, mais jamais je n’aurai cru qu’elle finirait comme cela, dans mon ancien appartement, baignant dans une flaque d’hémoglobine, la raison en morceaux, brisée par des monstres.  J’avais perdu tout espoir, mais je me raccrochais à la vie de toutes mes ultimes forces, sans savoir pourquoi. Mon esprit était peut-être détruit, mais mon corps voulait vivre. Peut-être que mon corps avait convaincu mon esprit que la vie, même en période de grande crise était vivable.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :